TRANSITION ÉNERGÉTIQUE

Pour Arnold Schwarzenegger, les énergies propres sont la « prochaine grande vague d’innovation »

L’ancien acteur et gouverneur plaide pour l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables. Le « gouvernator » cite la Californie en modèle: pour l’État qui compte « les plus grands parcs éoliens » et centrales solaires, les emplois écologiques sont sa « plus grande source de croissance ».

 

WASHINGTON — Il y a quelques jours, dans un vibrant plaidoyer mêlant ferveur et humour, l’ancien gouverneur de Californie Arnold Schwarzenegger a appelé les deux grands partis politiques américains à mettre de côté les débats idéologiques tels que le changement climatique pour se concentrer plutôt sur les avantages indéniables d’une révolution écologique.

« Les débats sont déconnectés de la réalité », estime-t-il. « Cela fait trop longtemps que nous nous affrontons au sujet des gaz à effet de serre et du réchauffement planétaire. Où est-ce que cela nous mène? Qu’est-ce que cela nous a apporté? »


S’adressant à une salle bondée lors du second sommet annuel de l’innovation sur l’énergie de l’ARPA-E à Washington, Arnold Schwarzenegger a appelé à la fin de l’impasse écologique.

 

« Si nous n’avons toujours pas réussi à convaincre les sceptiques, nous n’y arriverons jamais. Laissons les vieux débats derrière nous. Pour créer le futur de l’énergie, nous avons besoin des deux partis. Un seul parti ne peut pas y parvenir seul. »

 

Établissant des parallèles entre le bouleversement politique au Moyen-Orient et l’émergence des énergies propres, Arnold Schwarzenegger estime que les deux sont une occasion de « bouleverser le statu quo », de « renverser l’ordre établi » et, dans le second cas, d’entamer une « nouvelle ère de compétitivité américaine ». « Dans 50 ans, ce pays ne sera plus ce qu’il a été », prophétise-t-il. « Il sera encore mieux. »

 

La Californie, modèle de la nation

 

Pour la plupart des Américains, la principale préoccupation n’est pas d’économiser l’énergie, mais l’économie et l’emploi. Ces sujets sont pourtant inexorablement liés, et la prochaine génération ne bénéficiera pas d’une meilleure qualité de vie si le statu quo est maintenu, prévient l’ancien gouverneur.

 

« Il ne fait aucun doute que l’économie verte est un moyen d’entretenir la compétitivité de l’Amérique à l’étranger », assure-t-il. « Les énergies propres sont la prochaine grande vague d’innovation. »

 

Sans surprise, Arnold Schwarzenegger a cité la Californie comme un modèle pour le reste de la nation en matière d’énergies propres: l’État qui compte « les plus grands parcs éoliens » et centrales solaires considère les emplois écologiques comme sa « plus grande source de croissance », jusqu’à dix fois plus élevée que la croissance dans d’autres secteurs, souligne-t-il.

 

Citant pour exemple la start-up spécialisée dans les biocarburants Solazyme (qui transforme les algues en une huile qui est à 90% plus propre que l’huile dérivée du pétrole), Arnold Schwarzenegger précise que d’importants clients comme la Marine des États-Unis font le pari des sources d’énergie plus propres.

 

« Nous ne parlons pas de fanatiques écologistes, mais de la Navy! », s’exclame-t-il. « Lorsque la Marine des États-Unis se fixe un objectif, vous savez qu’elle le tiendra. C’est une organisation qui va au bout de ses projets. »

Arnold Schwarzenegger a imaginé un monde où les États-Unis mettraient en place trois initiatives de politique inspirées de la Californie:

  1. Un objectif d’efficacité énergétique de 40%. En rendant obligatoire la protection des maisons contre les intempéries, la facture d’électricité moyenne des Américains tomberait à 560 dollars. « Cela plairait aux Républicains comme aux Démocrates », souligne-t-il. Cela permettrait également de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 1 milliard de tonnes chaque année.
  2. Un standard de 33% d’énergies renouvelables d’ici 2020. À l’heure actuelle, la Californie en est à environ 20%. « Nous pourrions fermer les trois quarts de nos usines à charbon », précise-t-il.
  3. Promulguer des lois pour rendre les voitures plus économes en carburant. Barack Obama a déjà tourné une page de l’histoire de la Californie en les adoptant. Cela permettrait de faire économiser aux automobilistes 1.300 dollars par an en moyenne. « Vous voyez, quand vous avez une politique liée à l’énergie, vous économisez de l’argent », démontre-t-il.

« Pourquoi sommes-nous en train de débattre de la science quand nous pourrions discuter du progrès? », interroge-t-il.

 

Concourir sur la scène internationale

 

S’intéressant à l’économie mondiale, Arnold Schwarzenegger souligne que des nations telles que la Chine ont des raisons à la fois économiques et de santé d’agir sur la réduction des émissions de carbone.

 

« La Chine est une culture ancienne avec des idées nouvelles », remarque-t-il. « Nous ne pouvons pas laisser l’Amérique devenir une culture nouvelle avec des idées anciennes. » Les États-Unis ne doivent pas rester sur la touche, prévient-il.

 

« En matière de droits de l’homme, nous n’avons pas dit à la Chine : « Vous d’abord ». Lorsque nous sommes allés sur la lune, nous n’avons pas dit à la Russie: « Vous d’abord ». Lorsque nous avons fabriqué le premier ordinateur, nous n’avons pas dit au Japon: « Vous d’abord. » La sécurité de notre patrie ne doit pas être compromise par le pétrole étranger. »

 

Arnold Schwarzenegger rappelle que tous les présidents des États-Unis depuis Eisenhower ont voulu libérer le pays de sa dépendance au pétrole étranger; pourtant, les importations ont depuis augmenté de 20 à 60%. Pourquoi ? Parce que l’Amérique n’a pas cette politique de l’énergie, répond-il.

 

« Pourquoi un pays aride comme la Libye avec un dictateur fou tel que [Mouammar] Kadhafi devrait-il bouleverser les prix du pétrole en Amérique? », demande-t-il. « Pour moi, cela n’a aucun sens. »

 

La santé pour moteur

 

Arnold Schwarzenegger rappelle que les États-Unis enregistrent chaque année 100.000 décès prématurés dus à la pollution atmosphérique liée au pétrole, ainsi que 6,5 millions de visites annuelles à l’hôpital dues à des problèmes respiratoires causés par le même facteur; cela représente plus de décès que les accidents de voiture, les conducteurs ivres, les guerres des gangs, les suicides et les morts de soldats en Irak et en Afghanistan combinés.

 

« Il faut arrêter de parler de réchauffement planétaire: cela ne parle pas à la population », constate-t-il. « En revanche, le nombre de décès est quelque chose qui leur parle plus, tout comme l’emploi. »

Petites phrases

 

Autres déclarations marquantes de l’ancien gouverneur:

 

Sur le rejet de la proposition 23 en Californie, où les groupes conservateurs ont essayé de vider de leur substance les lois environnementales: « Les gens ont dit « Hasta la vista, baby » à toutes ces compagnies pétrolières et les ont exterminées. »

 

« Nos lois environnementales ne sont pas à vendre. Elles sont bonnes pour l’économie et pour l’emploi… elles sont bonnes pour l’avenir. »

 

« Vous êtes tous des technologues. Je crois à 100% en ce que vous faites. »

 

Enfin, s’adressant au secrétaire d’État américain à l’énergie Steven Chu: « Steven, comment vont tes fesses? Un petit peu plus d’exercice leur ferait le plus grand bien. »

 

http://www.smartplanet.fr/smart-people/pour-arnold-schwarzenegger-les-energies-propres-sont-la-prochaine-grande-vague-dinnovation-1381/

 

 

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Au nom de quoi léguer pour des milliers d'années à des centaines de générations des produits toxiques qui n'auront servi au bien être que de deux ou trois générations ?
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