TRANSITION ÉNERGÉTIQUE

Nucléaire : Et si on se trompait de débat ?!

Ecoute-t-on assez les élus locaux dans les débats sur le nucléaire ? Voici l'opinion du maire de Lambesc, vice-Président "Energie" de la Communauté du Pays d'Aix en Provence. 

Fukushima,  Tchernobyl et d'autres catastrophes ont toutes démontré que les accidents n'ont jamais pour origine une défaillance envisagées par les ingénieurs. 

 

A Fukushima ils avaient fait « d'incontestables » calculs de sécurité qui anticipaient une vague de 10 m...elle en a fait 14 ! A Tchernobyl, les calculs étaient justes, mais on avait oublié que l'homme est faillible et que les institutions sont parfois irresponsables....

 

Ainsi, à chaque fois qu'il y a eu un incident on a, a postériori, découvert que personne n'en avait imaginé la cause. Comment dans ces conditions croire, même si demain sont refaits tous les calculs pour vérifier les règles de sécurité et investis les milliards nécessaires pour les améliorer, que  les français seront pour autant prémunis contre l'imprévisible.

 

Comment, face à ces risques majeurs pour nous et pour les générations futures, face aux sommes astronomiques que représenteront les coûts du démantèlement et de la gestion des déchets, comment, raisonnablement, être favorables à cette forme d'énergie ? Mais dans le même temps, comment peut-on être contre le nucléaire aujourd'hui quand on sait que sur le plan technique, social et financier la rupture brutale est impossible ?

 

La vraie question n'est donc pas celle du pour et du contre qui occupe tout le débat actuel.

 

Pourquoi les vraies questions, les plus riches de sens et d'intérêt, sont-elles à ce point relayées au second plan par les grands élus nationaux et les médias ? :

 

- Quelles politiques et quels moyens pour diminuer la consommation dans nos maisons, dans nos villes et dans nos industries ?

 

- Quelles politiques pour que le transport des biens et des personnes ne soit plus l'une des plus importantes sources de C02?

 

- Quelles nouvelles formes d'aménagement de nos villes et de nos territoires ?

 

- Quels liens entre l'énergie et les politiques locales, régionales et nationales ?

 

- Quelles politiques de recherche, de financement et de développement industriel ?

 

- Quel enseignement pour changer nos comportements? Quelle nouvelle organisation de vie ?

 

- Quelle formation pour nos artisans ?


Le champ des possibles est immense et la réflexion pour changer de paradigme pourrait être passionnante. Au lieu de cela les partis s'enferrent dans des débats stériles. Pour ou contre le nucléaire est une question qui n'a aucun sens si on ne donne pas en amont toutes les solutions pour y parvenir. Affirmer qu'on y mettra fin à une date donnée n'est pas plus crédible puisqu'objectivement nul ne peut affirmer quand l'équilibre offre-demande du marché permettra cette fin annoncée. La résolution des équations qu'il convient de résoudre pour cela est complexe et le devient plus encore quand on y ajoute le facteur financier.

 

Démanteler le nucléaire, ce dont honnêtement personne ne mesure le coût réel, et investir pour qu'il y ait demain des solutions alternatives qui répondent en qualité, en quantité et aux prix compétitifs nécessaires à nos entreprises (voir ***) sont autant de montagnes à priori infranchissables  dans un monde où les institutions financières sont à ce point malades et les lobbies puissants.

 

Et pourtant, 

 

Avec les lois de Grenelle et le principe de l'obligation d'achat d'avant décembre 2010  tous les outils de base étaient en place. Il fallait bien sûr les améliorer, accompagner et soutenir les collectivités, réviser les tarifs, innover sur le plan juridique et financier, mettre en place des processus de soutien aux filières technologiques françaises. Les solutions existaient et la crédibilité de celles-ci ne faisait, et ne fait toujours aucun doute, mais il est vrai qu'elles auraient plus servi l'intérêt général que celui d'actionnaires de sociétés qui elles ont depuis des années compris quelle manne financière représente le secteur de l'énergie... !

 

Il faut vraiment se demander pourquoi notre gouvernement a choisi le plus compliqué et le moins intéressant pour notre pays quand le plus facile et le mieux pour les collectivités et les entreprises était à portée de main...

 

Que d'espérances déçues, que d'entreprises et d'emplois détruits quand enfin se profilaient d'extraordinaires opportunités !

 

Contrairement à l'Allemagne, la France prisonnière de sa culture nucléaire et des lobbies qui le protègent, n'a pas à temps créé les filières ENR qui nous font aujourd'hui tant défaut et quand celle du photovoltaïque est née, on l'a tué dans l'œuf, en faisant pour le comble disparaître près de 30.000 emplois ! Pire, quand le gouvernement met en place le nouveau processus des « appels d'offres ENR » pour à la fois « les développer et favoriser l'émergence de filières technologiques françaises » c'est le résultat contraire qui est obtenu (j'ai connaissance d'une société exemplaire et reconnue pour ses innovations qui suite au récent appel d'offre et à ses modalités est prête à quitter la France, tant le texte de cet appel offre répond mal aux objectifs officiellement annoncés.


Et pourtant, entre l'hydraulique, l'éolien, le solaire et la biomasse, la France détient le premier potentiel d'énergie renouvelable en Europe !!

 

 

Jacques BUCKI  06 09 53 86 36   jbucki@wanadoo.fr   Maire de Lambesc   Vice-Président "Energie" de la Communauté du Pays d'Aix en Provence.

 

http://energie.lexpansion.com/energie-nucleaire/nucleaire-et-si-on-se-trompait-de-debat-_a-32-7146.html

 

  

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Transition Energétique

Au nom de quoi léguer pour des milliers d'années à des centaines de générations des produits toxiques qui n'auront servi au bien être que de deux ou trois générations ?
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