TRANSITION ÉNERGÉTIQUE

Mobilisation pour le bois en Auvergne !

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Une expérimentation menée par l’Ademe et l’État doit permettre d’exploiter davantage de bois pour le sciage, le papier, les panneaux et l’énergie. Elle encourage la mise en place d’une gestion sylvicole et le regroupement de microparcelles.

Aujourd’hui, la moitié seulement de la production annuelle de bois des forêts françaises est récoltée, et l’Auvergne ne fait pas exception. Alors que les chaufferies biomasse se multiplient sur le territoire, le défi consiste donc à récolter davantage de bois, dans des zones actuellement peu exploitées pour des raisons techniques, économiques, ou par désintérêt des propriétaires pour la gestion de leur patrimoine forestier. Afin d’atteindre son objectif de 3 millions de m3/an récoltés en 2020, la filière bois auvergnate doit augmenter d’ici là de 100 000 m3/an les volumes sortis de la forêt, composés à 50 % de bois d’œuvre et à 50 % de bois de trituration (papier, panneaux) et énergie (une partie étant directement liée à la mobilisation du bois d’œuvre).


Dans ce contexte, l’Ademe et le ministère de l’Agriculture (MAAPRAT) lancent une expérimentation pilote de mobilisation de la ressource forestière en Auvergne. Cette expérimentation fait suite à un appel à projets lancé en 2011(1) et comporte des actions innovantes.


L’une d’elles cible le recrutement en bûcheronnage manuel, secteur où il est difficile d’attirer les jeunes. Les besoins sont estimés pour les prochaines années à 20 bûcherons par tranche de 100 000 m3 supplémentaires. Le plan régional propose donc conseils et tutorat aux jeunes qui souhaitent devenir bûcherons salariés, entrepreneurs de travaux forestiers ou exploitants forestiers. Mais cette mesure doit être complétée par des actions de promotion afin de susciter de nouvelles vocations.


Sylviculture dynamique


Autre initiative : un plan d’amélioration de la qualité des sapinières. « Le but est d’inciter les propriétaires forestiers concernés (environ 140 000) à mettre sur le marché les sapins à récolter d’urgence, les aider à récolter ces bois et à mettre en place une sylviculture dynamique sur leurs parcelles », précise le comité de pilotage de l’opération. Il est prévu de réaliser 500 diagnostics parcellaires avec engagement du propriétaire à réaliser les opérations sylvicoles préconisées. En parallèle, la région expérimente un paiement des sapins à la qualité réelle (grâce à une grille de tri et de rémunération) afin de valoriser financièrement les bonnes conduites de parcelles.


Le plan régional permet aussi à la communauté de communes de la Montagne bourbonnaise dans l’Allier de poursuivre son projet lancé en 2009 afin de mettre au point une méthode de regroupement de foncier adaptée à des microparcelles.


Présent au comité de pilotage du 9 février 2012, le président de l’Ademe, François Loos, a rappelé l’importance de la lutte contre le morcellement de la propriété forestière. « Un dispositif comme le “droit de préférence”, qui permet à un propriétaire d’être prioritaire à l’acquisition d’une parcelle voisine, a fait ses preuves en Estonie », a-t-il indiqué. En France, la loi de modernisation agricole comprend un dispositif similaire pour les parcelles inférieures à 4 hectares.

 

(1) Cinq dossiers ont été retenus. Leur financement est assuré par l’Ademe, l’Europe, la DATAR, la DRAAF, la Région Auvergne et la communauté de communes de la Montagne bourbonnaise.

 

Par Juliette Talpin

 

Article : Observ'ER de mai 2012

 


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