TRANSITION ÉNERGÉTIQUE

Le RESSEC est affligeant ! Mais cette propagande nucléaire existe malheureusement dans tous les partis politiques français...

ressecRESSEC (Réseau des écologistes socialistes pour la sortie des énergies carbonées)

 

Vous trouverez ci-dessous les meilleurs passages des documents du RESSEC, à consulter également sur leur site link ce courant socialiste pro-nucléaire s'inspire largement d'un autre mouvement pro-nucléaire "Sauvons le Climat" link Il est triste de constater que des arguments aussi fallacieux, voire tout simplement stupide, puissent exister dans une démocratie comme la France. Je vous recommande la partie surlignée en bleu: hallucinante !!!

 

Comment voulez vous que le Débat National sur la Transition Energétique puisse aboutir à un résultat ? Le DNTE de F. Hollande aboutira au même résultat que le Grenelle de N. Sarkosy: le choc de l'immobilité !

 

"Aujourd'hui la divergence n'est pas entre écologie et économie, mais entre intérêt général et intérêts particuliers" Marc Jedliczka

 

 


 

Extrait des documents du RESSEC :


"Vous pensez que le pole environnement du PS ne doit pas être celui des Verts ? que toutes les énergies sans carbone doivent être développées ? autant les énergies renouvelables (EnR) que le nucléaire ? Rejoignez nous !


 

ps-fil-largeLe RESSEC : qui sommes-nous ?

 

Au delà des motions, des citoyens et scientifiques militants de longue date de la cause écologique, désintéressés et indépendants des lobbies, et soucieux d'une information honnête et éclairée sur le meilleur mix énergétique français.                                        

 

Après une politique électrique des socialistes très ambitieuse depuis 1981, le PS s'égare sur le domaine de l'énergie depuis 2008 avec l’alliance électorale avec les Verts menée par certains au pole écologique : Il est urgent pour la France de changer de politique énergétique et de nous rassembler autour d'un programme plus écologique pour 2017 : 


Vu les perspectives industrielles réelles et les opportunités uniques qui s'offrent à la France pour sortir de l'ornière, plutôt que de pérenniser à coup sûr le statut quo engendré depuis 20 ans par notre immobilisme (déficit annuel fossile de 63 Mds €, austérité et coupes financières dans le social, pollution atmosphérique, tensions géopolitiques) , optons pour une transition énergétique réellement écologique et socialiste : une relance structurelle viable et vertueuse.
  

 

Oui le nouveau nucléaire national productif contribuera à un monde meilleur que celui que les dictatures gazo-pétrolières nous annoncent avec ce racket organisé et croissant de nos finances ! Autre bénéfices, diminuer les tensions militaires à venir (la demande d’énergie sera exponentielle, et le nucléaire civil, en favorisant le développement humain, sera paradoxalement la meilleure arme dans certains pays contre le nucléaire militaire), et dégager des marges financières pour permettre d’investir dans l'éducation des pays du sud. 

 

Non, l'éolien et le solaire extensifs et intermittents sans stockage intégral sont une fausse bonne idée pour l'instant, favorisant, pour en moyenne 80% du temps sans vent ou soleil, le gaz et le charbon importés toujours plus cher, et des usines polluantes et avides de matière premières.

 

Non ce n’est pas par idéologie scientiste que nous nous déterminons, tout est dans le discernement :  non au nucléaire dans les pays tropicaux si le solaire + stockage est plus sûr, non à l’hydraulique dans les pays plats s’il abime la nature comme certaines régions du Brésil, mais oui, développons-les ailleurs !

 

 

Objectif: Lancer le PS sur un véritable projet écologique cohérent avec ses valeurs

 

Face aux enjeux du réchauffement global, de l’épuisement des ressources fossiles et de santé publique, nous affichons clairement l’objectif d’une France décarbonée dès 2030 et restons dans la ligne du projet adopté début 2011, à savoir « sortir du tout pétrole et tout nucléaire », avec une précision de taille : la dépendance au nucléaire n'est pas un problème, dans la mesure où il ne représente que 15% de l'énergie finale en France. On peut donc augmenter la part du nucléaire à condition de favoriser également le développement des énergies renouvelables pour remplacer le pétrole, le gaz et le charbon ?

 

Soyons clairs : cela ne veut pas dire « sortir du nucléaire » , mais au contraire, de faire évoluer le mix énergétique vers des sources REELLEMENT moins polluantes sans sacrifier l'économie

 

La sortie de la dépendance énergétique repose sur une double démarche :

  1.  faire une place aux énergies renouvelables partout où le nucléaire n’a pas de sens (îles, extrémités du réseau) 
  2.  rendre la filière nucléaire propre et durable, ce qui est techniquement faisable en fermant le cycle du combustible, mais pas encore traduit dans les faits à cause des hésitations politiques conduisant à l’arrêt du développement de cette filière, et des obstacles juridiques bloquant le démantèlement des centrales déjà arrêtées et ralentissant les expérimentations de recyclage et de stockage de déchets. 

A ce titre, constatant que le niveau actuel de pollution nucléaire ne représente pas un danger, non seulement en France, mais aussi au niveau global, car très faible par rapport au niveau naturel, nous ne pouvons pas accepter que la priorité soit de réduire le nucléaire civil, avant d’autres formes de pollution bien plus nocives pour la santé et l’environnement, au premier rang desquelles la production d’énergie et la chimie des matières fossiles.


 

 

La fission nucléaire a-t-elle un avenir ? N’est-ce pas au contraire une énergie du passé, déjà dépassée ?


La filière Uranium 235 fonctionne bien maintenant et pour quelques siècles ; la surgénération (Uranium 238) et la filière Thorium-Uranium 233 permettant de prolonger l'exploitation de la fission nucléaire pour plusieurs milliers d'années techniquement prouvées et prêtes pour la phase de démonstration industrielle en France.

La France, la Russie, le Japon et l’Inde sont les précurseurs de ces nouvelles filières, maintenant rejoints par la Chine. La relance de la R&D en France est subordonnée à la restauration de l’adhésion populaire malmenée, à tort, en 2011, par l’accident de Fukushima, qui n’a rien à voir avec les risques réels en Europe. Les Russes et les Indiens s’amusent beaucoup de la perte de leadership de la France pour de mauvaises raisons. Nous ne souhaitons pas que le PS continue à abonder dans le sens d’un abandon de ces filières industrielles pour des raisons purement politiciennes et idéologiques, sans fondement technique, ni scientifique, ni économique.

 

 

L’échec de Superphénix n’a-t-il pas démontré que la surgénération est une impasse ?


NON et trois fois non.

  1.  Superphénix a été arrêté alors qu’il était réparé, au point et rentable depuis seize mois. Le surcoût de 100% par rapport au projet initial a simplement démontré qu’un prototype industriel peut nécessiter des actions correctives, ce qui est normal : les ingénieurs et industriels n’ont pas été trop optimistes sur leur capacité à réaliser du premier coût un bon produit, mais il eut été plus prudent d’insister sur le fait qu’il s’agissait d’un prototype et non pas d’une tête de série. L’histoire du développement industriel est pleine de succès de produits « bons du premier coup » , mais encore plus riche de succès bons au deuxième prototype. Ceci doit être présent à l’esprit de tous les décideurs politiques, mais aussi du public.
  2.  Phénix, son précurseur 2 fois plus petit, n’a pas connu ce type de problème et a parfaitement fonctionné pendant 30 ans.
  3.  Si la surgénération est une impasse, que fabriquent les Russes, les Chinois, les Indiens et les Sud-Africains avec leurs prototypes ? La France ne doit pas être absente de cette technologie, car elle est une clé de l'indépendance énergétique, puisqu’elle permet d’exploiter l’uranium appauvri issu de la filière d’enrichissement pour les réacteurs classiques.

 

 

Le problème des déchets est-il résolu? Sinon est-ce éthiquement acceptable?

 

Il est résolu de plusieurs manières, mais les choix définitifs n’ont pas été faits. Il n’est pas exclu qu’il soit préférable de différer ces choix en attendant que les recherches sur le recyclage des déchets. C’est éthiquement acceptable dans la mesure où ces déchets sont en fait des combustibles pour les futurs réacteurs nucléaires et sont issus d’une filière rentable qui nous permet de rembourser nos dettes à raison de plusieurs milliards d’euros par an. C’est sortir du nucléaire qui n’est pas éthiquement acceptable, car cela revient à abandonner une rente et créer artificiellement une dette sur la base de peurs sans commune mesure avec les dégâts constatés ou probables.


Pour prendre un exemple radical sur la gestions des déchets, nous accepterions volontiers (si c'était autorisé) d'accueillir sous des maisons écologiques (ou sous le potager bio qui est à côté, car les tomates viendraient un peu plus tôt au printemps du fait d'un léger réchauffement de la terre en surface), quelques cylindres en acier inox, environ un demi m3 de déchets nucléaires HAVL. Après un premier refroidissement pendant environ 30 ans à La Hague (pour éliminer les éléments volatiles d'une durée de vie de quelques années), ils seraient positionnés entre 6 et 10 m de profondeur (à modifier selon la profondeur de la nappe phréatique). Cinq mètres de terre et un capuchon en béton sur le dessus suffiraient largement pour arrêter  la quasi-totalité des rayons gammas, qui sont les plus pénétrants. Un serpentin en cuivre de 15-20 mm de diamètre (qualité plomberie cuivre ordinaire ou épaisseur renforcée de 0,5 à 1 mm si on veut faire du zèle) serait placé en enroulement hélicoïdal tout autour du trou, après avoir mis de l'argile en périphérie et avant qu'on y installe le ou les futs de déchets, ce qui permettra de chauffer gratuitement la maison écologique (et éventuellement celles des voisins) tout l'hiver pendant quelques siècles (la durée de vie de la maison). Ensuite, on pourrait les laisser sur place sans le moindre  danger en rebouchant simplement les deux extrémités du tuyau de cuivre (matériau imputrescible inoxydable mieux que l'acier sur le long terme) (selon le modèle des réacteurs nucléaires naturel d’Oklo en Afrique, aucune migration des déchets en 2 milliards d'années même sans confinement dans un lieu gorgé d'eau). Si on veut être très prévoyant pour le long terme, on mettrait évidemment une couche d'argile type bentonite (qui gonfle au contact de l'eau) soigneusement appliquée au fond, en périphérie et au dessus des conteneurs avant de les "enfouir". On pourrait même envisager ce système pour des éco-quartiers, car il n'y a aucune raison d'avoir peur, les faibles doses (naturelles) de radioactivité étant même utiles pour la santé (cf. La Bourboule et autres stations thermales avec le radon comme agent préventif et curatif).


On peut continuer en expliquant que l'U est un élément naturel présent partout sur la planète à raison de 3 g/tonne en moyenne. Dans un jardin de 1000 m2 (par exemple sous un jardin en région parisienne, en zone non-uranifère), il y a donc 10 kg d'uranium NATUREL dans chaque mètre d'épaisseur de terre (donc 1 tonne sur une épaisseur de 100 m), et ce n'est pas dangereux, c'est NATUREL, c'est le dosage moyen PARTOUT. C'est facile de vérifier: il suffit de faire le calcul.


 

L’électricité nucléaire n’est-elle pas incompatible avec le développement des énergies renouvelables ? 

 

Oui et non !

 

OUI : utiliser les énergies renouvelables (ER) pour produire massivement de l’électricité ne fait aucun sens près d’une centrale électro-nucléaire. Mais certaines applications ER sont souhaitables dans des endroits où l’on préfère des sources autonomes basse tension plutôt qu’une installation électrique haute tension pour des questions d’accessibilité, de maintenance et de sécurité, et surtout pour produire de la chaleur et de l’eau chaude sanitaire même près des centrales.

 

NON : il y a d’énormes gisements d’ER à exploiter loin des centrales (plus de 200 km), là où le réseau est surchargé et surtout, sur les îles. Les grandes îles de l’Atlantique, de la Méditerranée et de  l’Outre-Mer méritent toutes un plan 100% ER pour dépolluer leur environnement et obtenir leur autonomie énergétique.

 

 

Tout cela n’est-il pas remis en cause par la catastrophe de Fukushima ?


Certainement pas, au contraire, les enseignements tirés de la perte de l’une des deux centrales de Fukushima vont au contraire permettre d’améliorer la sûreté nucléaire partout dans le monde. De plus, nous savons maintenant, d’une part, que l’on ne peut pas supposer qu’une fusion du cœur peut être évitée, d’autre part, qu’une évacuation temporaire suffit à mettre hors de danger les voisins d’une centrale endommagée. De plus, nous constatons que ce qui est insupportable une fois tout danger écarté, c’est d’expulser des dizaines de milliers de personnes de leur domicile pendant longtemps, même si c’est pour moins d’un an. Les réacteurs actuels et futurs doivent donc être modifiés pour éviter absolument ces trois problèmes :

  1.  
    1.  un dégagement de radioactivité important en cas de fusion du cœur,
    2.  des difficultés de reprise de contrôle et un manque d’étanchéité sous la cuve du réacteur, qui sont la cause du prolongement de l’évacuation au-delà du supportable (une semaine environ).
    3.  des difficultés d’accès et d‘intervention des services et systèmes de secours extérieurs afin d’assurer un retour rapide à la normale.

En revanche, le Japon a démontré une excellente résistance des réacteurs à une séisme de force 9 sur l’échelle de Richter. Espérons pour les riverains évacués que leur expertise (acquise à Tchernobyl) pour la décontamination permettront le retour des habitants dès janvier 2012. Dans ce cas, les alertes délirantes lancées par les mouvements anti-nucléaires paraîtront bien vaines et excessives (on nous avait annoncé des milliers de victimes, des millions de malades et des dizaines d’années de zone interdite, voire des terres stérilisées pour des siècles, ce qui est manifestement faux). Il est incompréhensible que des responsables du PS aient osé s’en faire l’écho et y ajouter foi : pour cela, ils devront publiquement expliquer leurs déclarations et présenter des excuses aux Japonais.

 

 

Le seul moyen de réduire la facture pétrolière est de réduire la consommation d’énergie 


 

Non, comme le montrent les graphiques ci-dessous, empruntés à une réponse du journaliste Sylvestre Huet à un responsable de l’équipe de François Hollande, l’électricité d’origine nucléaire peut remplacer le pétrole, grâce à son faible coût de production. La mise en service de nouvelles tranches nucléaires s’est immédiatement traduite par la diminution de la quantité de pétrole consommée en France. Grâce aux transports électriques, aux pompes à chaleur et aux biocarburants de deuxième génération, il est possible d’aller plus loin encore en portant la puissance du parc nucléaire de 60 GW actuellement à 100 GW dès 2030. Comme le fait justement remarquer le journaliste Sylvestre Huet dans son blog «  Science au carré » (sciences.blogs.liberation.fr), il nous semble inadmissible que le PS et les conseillers de notre candidat aux élections présidentielles ignorent ou nient ces faits.

 

A propos du RESSEC (Réseau des Ecologistes Socialistes pour la Sortie des Energies Carbonées.) 

 Réseau fondé en 2012 par Stephan Savarese (PS Paris 18) et Jean-Philippe Brette (PS 92 Boulogne Billancourt). Vous êtes sympathisant ou militant socialiste ? ou simplement de gauche ? ou même uniquement convaincu que la priorité est de sortir des énergies carbonées ? que l’environnement ne doit pas être sous-traité au libéralisme Vert mais plutôt considéré selon des critères assumés :  le Social et résolument Saint-Simonien, avec nuance, humanisme et un réalisme éclairé. Alors rejoignez nous ou échangez avec nous afin que la majorité silencieuse fasse valoir ses arguments pour l’avenir de la France et au delà.

Notre programme au format A4 ici.

 Inscrivez vous si vous le souhaitez sur notre groupe facebook ici

NOUVEAU le 29/05/2013 : mise en ligne de la contribution au DNTE (Débat National pour la Transition Ecologique) :

Le "scénario RESSEC 2050"  à télécharger et lire ici. 

NOUVEAU le 21/06/2013  : Appel au PS pour une nouvelle politique énergétique plus responsable : téléchargez ici notre document

http://www.mesopinions.com/petition/politique/energie-appel-solennel-aux-militants-ps/10287

 


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Le nucléaire est pourtant en train de ruiner la France !


 

Corinne LepageNUCLÉAIRE - Une grande part des difficultés économiques que rencontrent notre pays vient du secteur nucléaire, qu'il s'agisse de notre balance commerciale ou de notre développement industriel ou encore des coûts et de la précarité énergétique.

 

 

Les exportations moins stimulées, le pétrole toujours présent

Sur le plan de notre balance commerciale, si le secteur nucléaire a durant un temps dopé nos exportations, il n'en n'est plus ainsi depuis longtemps et nous consommons toujours autant de pétrole. Aucun EPR n'est vendu et ne risque de l'être compte tenu de l'enlisement des chantiers finlandais et français. Échecs successifs à Abu Dhabi, aux Emirats arabes Unis, aux Etats Unis et en Tchéquie. Quant aux partenariats avec la Chine, à la condition qu'ils ne nous dépossèdent pas de notre patrimoine immatériel (brevets), quelles seraient les retombées pour notre commerce extérieur?

Sur le plan industriel, la situation est encore plus grave

L'industrie nucléaire est arrivée à tuer dans l'œuf tout développement massif des ENr, empêchant toute filière nationale puissante de voir le jour. Non seulement la France sera dans l'impossibilité de respecter son objectif de 23% d'ENR en 2020, s'exposant à des sanctions financières, mais encore, elle perd chaque jour un peu plus la possibilité de créer et développer ses entreprises dans les ENr.

12.000 emplois ont été volontairement sacrifiés par le gouvernement Sarkozy et les efforts actuels sont dérisoires et n'ont en aucune manière l'ambition de rattraper le temps perdu. Or, c'est en libérant ce secteur et en encourageant les particuliers et les entreprises à se doter d'ENr que les industriels pourraient voir leur marché croître... sauf qu'il n'en n'est pas question. Les ENr sont condamnées à rester anecdotiques en France parce que le choix nucléaire exclut toute autre solution.

Les investissements en RD se font toujours massivement dans le nucléaire (ITER, ASTRID) et non dans les technologies indispensables que sont le stockage de l'énergie, le développement des éoliennes d'une nouvelle génération, ou les progrès dans le solaire. Quant à des choix simples comme la généralisation de la méthanisation dans l'agriculture, l'interdiction du chauffage électrique et l'obligation de doter toute construction nouvelle d'un chauffage à base d'ENr, ils sont bannis. Ce serait pourtant des solutions simples et économiques.

Les mêmes constats peuvent être formulés à propos de la réduction de la consommation énergétique qui n'est nullement encouragée, le comble étant les compteurs Linky, payés en définitive par l'usager mais qui serviront principalement EDF et non le consommateur.

Les situations financières d'EDF et d'Areva sont plus que préoccupantes

EDF vient d'exiger 5 Mds d'euros de l'Etat, qui bien évidemment manqueront ailleurs. L'EPR est en passe de devenir un gouffre financier. Flamanville, qui tangente désormais les 9 mds d'euros, est déserté par le partenaire d'EDF, ENEL contraint de surcroît à lui rembourser la bagatelle de 610 M d'euros. Et qui va assumer la différence entre le prix de revient et le coût de l'EPR construit par Areva en Finlande (9Mds) et des 2 EPR construits en Chine a moitié prix.

Le projet anglais -avec un prix de rachat minimum de 10 cts d'euros qui n'est pas encore accepté par le gouvernement britannique- risque de se transformer en Trafalgar.

En effet, non seulement le partenaire d'EDF, Centrica, s'est retiré en raison de la hausse des coûts et des retards accumulés, mais encore le projet d'enfouissement des déchets radioactifs dans le comté de Cumbrie patine alors que dans la législation britannique, la solution pour les déchets est un préalable à la délivrance de l'autorisation de construction d'un réacteur. EDF va investir 9Mds en Grande Bretagne pour réaliser ces EPR. Que se passe-t-il en cas d'échec et combien l'usager et/ou le contribuable vont-ils devoir payer?

Le coût exorbitant du nucléaire va plomber durablement le prix de l'énergie

En effet, le prix de l'électricité va monter sauf que cette hausse va désormais être très largement le fait du nucléaire qui sera plus cher que l'éolien terrestre -les courbes sont en passe de se croiser en Allemagne- et sans doute le solaire va suivre (le prix du nucléaire augmente quand le prix des ENr baisse). Et ce coût va devenir insupportable pour de nombreuses raisons.

Tout d'abord, la dizaine de milliards dépensée par EDF pour sa politique d'acquisition internationale s'est faite au détriment des citoyens français puisqu'il n'y a quasiment pas eu d'investissements durant 15 ans ni dans les centrales ni dans les réseaux, comme le souligne la Cour des Comptes dans son dernier rapport. C'est l'usager qui va devoir payer pour cette stratégie calamiteuse qui a conduit en 2012 à une baisse importante de production, qui a coûté plusieurs centaines de millions d'euros.

En second lieu, les problèmes de sécurité dans les centrales deviennent préoccupants, ce qui a deux catégories de conséquences. D'une part, un besoin d'investissement énorme, probablement de l'ordre de 7 à 10Mds qu'il va falloir payer pour une situation qui ne donnera pas toute garantie de sécurité. D'autre part, la prise en considération croissante d'un risque d'accident, ce qui pose la question de l'assurance.

Jusqu'à présent, EDF a obtenu de retarder l'obligation qui lui était faite de monter l'assurance de la somme ridicule de 6 M à celle de 700 M. L'exploitant va enfin devoir régulariser cette situation. Mais cette somme est sans aucune relation, pas plus que celle du plafond global actuel de 1,5MDS d'euros pour un accident nucléaire évalué par l'IRSN à 400 MDS d'euros. D'où l'idée de supprimer dans les contrats de RC la clause d'exclusion d'accident nucléaire, ce qui revient à obliger les citoyens à s'assurer et donc à payer pour se couvrir. Sauf que la prime risque d'être colossale ou la couverture minimale!

Enfin, le fait que beaucoup de nos concitoyens n'aient d'autre choix que le chauffage électrique, beaucoup plus cher, les rend otages d'EDF. Et le pire est que cela continue puisque le chauffage électrique continue à être encouragé alors qu'il devrait être interdit.

Dès lors, bien loin de la propagande officielle d'une énergie nucléaire bon marché et moteur de l'économie française, elle devient un handicap pour notre développement économique et un gouffre financier pour nos concitoyens usagers et contribuables.

Article de Corinne Lepage dans le Huffington Post

 

 

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Transition Energétique

Au nom de quoi léguer pour des milliers d'années à des centaines de générations des produits toxiques qui n'auront servi au bien être que de deux ou trois générations ?
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