TRANSITION ÉNERGÉTIQUE

L'industrie photovoltaïque en France est au point mort, les nombreuses barrières administratives, exigées par l'industrie nucléaire ont été efficaces.

Près de 50 % des projets d'installations inférieures à 100 kWc, entrepôts, hangars agricoles, moyennes toitures, ont été abandonnés.

 

Les chiffres de l'Observatoire de l'énergie solaire montrent une complète atonie du secteur.

«Le premier trimestre 2013 a confirmé la tendance lourde d'une activité photovoltaïque au ralenti et au plus bas.» Publiée mercredi, la sixième édition de l'Observatoire de l'énergie solaire, réalisée par le think tank France Territoire Solaire en partenariat avec le cabinet Kurt Salmon, dresse un constat très noir de la situation: depuis le début de l'année, moins de 100 mégawatts (MW) ont été raccordés au réseau, soit sept fois moins qu'il y a un an. Pour atteindre les objectifs de 20.000 MW de puissance installée d'ici à 2020, la filière doit installer pas moins de 2500 MW par an en France!

Autre signe de l'effondrement du marché du photovoltaïque: aucun des appels d'offres lancés par les pouvoirs publics, concernant les grandes centrales au sol, n'a encore donné le moindre résultat. Enfin, compte tenu des conditions économiques de moins en moins avantageuses (la baisse des tarifs de rachat de l'électricité solaire), près de 50 % des projets d'installations inférieures à 100 kilowatts crêtes (kWc) - entrepôts, hangars agricoles, moyennes toitures - ont été abandonnés. «C'est bien simple, toute une filière est à l'arrêt», commente Daniel Bour, le président de l'Observatoire.

Pour Jean-Louis Bal, président du Syndicat des énergies renouvelables (SER), comme pour de nombreux professionnels, la France souffre encore des effets du moratoire décrété par le gouvernement Fillon pour purger «la bulle solaire». Il s'agissait alors de limiter le coût supporté par l'ensemble des consommateurs d'électricité, le soutien public à cette filière émergente. Les installations qui sont raccordées au réseau actuellement ont été lancées après ce moratoire, avec des tarifs d'achat moins attractifs et des volumes annuels plafonnés. Les investisseurs reprochent surtout aux pouvoirs publics leurs tergiversations qui ont brouillé leur visibilité, dans un contexte d'assèchement des prêts bancaires. Aux difficultés tarifaires se sont superposés les obstacles administratifs. «Les procédures de dépôt des dossiers sont devenues tellement lourdes que la gestion du temps empêche le moindre développement», dénonce Daniel Bour.

L'augmentation des coûts de raccordement au réseau (de 10 à 15 %), qui, en Allemagne, n'est pas à la charge de l'investisseur, est un autre frein couramment signalé. Enfin, la concurrence massive des panneaux chinois - que Bruxelles veut contrer avec ses droits de douane - a pénalisé la poignée de fabricants français. Certes, au début de l'année, la ministre de l'Énergie, Delphine Batho, a bien pris quelques mesures d'urgence, avec une majoration de certains tarifs de rachat à la clé, «mais elles ne vont pas changer la face des choses», précise aussitôt Jean-Louis Bal.

Le marché a été assaini

Les professionnels ne voient pourtant pas dans la diminution des subventions la fin de l'industrie solaire: «Au contraire, le marché a été assaini, les nouveaux entrants savent désormais à quoi s'attendre. Parallèlement, notre industrie devient de plus en plus compétitive, avec des prix de revient autour de 10-11 centimes le kilowattheure (kWh) pour les centrales au sol dans les régions ensoleillées», expose Daniel Bour. Ce prix est à comparer à environ 7 centimes le kWh pour le charbon, 8 centimes pour le gaz, et une fourchette de 6 à 9 centimes pour l'électricité du futur EPR selon la Cour des comptes. En revanche, le prix du solaire pour les installations résidentielles reste très élevé, entre 25 et 30 centimes le kWh.

Le débat national sur l'énergie qui se déroule actuellement et qui doit donner lieu à une loi d'orientation au cours des prochains mois peut-il améliorer la donne? «Nous espérons qu'un nouveau modèle économique en sortira, répond Jean-Louis Bal, qui pourrait prendre en compte l'autoconsommation, qui a pour gros avantage de réduire le coût pour la collectivité.»Thierry Mueth, le président d'Enerplan, le syndicat de l'énergie solaire, redoute une triple menace - «pas de visibilité, pas de prise de risque, pas d'investissement» - qui pourrait définitivement abattre l'énergie solaire en France.

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