TRANSITION ÉNERGÉTIQUE

Libérons les énergies renouvelables !

Parce que l'autonomie énergétique territoriale permet la création de nombreux emplois non délocalisables, il faut mettre en place l'infrastructure nécessaire pour l'atteindre localement en luttant contre la propagande nucléaire qui empêche le déploiement des énergies renouvelables dans nos régions. 

 

 


    

L'exemple de Gussing (vidéo ci-dessus) en Autriche. Ce village de 4000 habitants a atteint l'autonomie énergétique avec 100% d'énergies renouvelables en 2008 et il a créé 1200 emplois non délocalisables. La Communauté de communes de Gussing avec ses 32000 habitants atteindra l'autosuffisance énergétique en 2012. Le chomage de cette région est à 3% au lieu de 10% en France et leur facture énergétique est inférieure de 40% par rapport à la notre. En France, l'agglomération de Perpignan avec 225 000 habitants atteindra l'autonomie énergétique en 2015 link link

 

L'autonomie énergétique, la transition énergétique ou la transformation de notre cadre de vie en territoire à énergie positive permettront la création de nombreux emplois locaux, la réduction des dépenses des ménages et des collectivités et la protection de notre environnement.

 

Nous assistons aujourd'hui à la rencontre des énergies renouvelables et d’internet. Sur ce socle, va émerger un nouvel horizon énergétique territorial qui nous permettra de sortir de l'impasse économique et écologique et transformera radicalement nos manières de vivre, de produire et de travailler 

 

 


 

Issy Grid : L'internet de l'énergie

 

L'autonomie énergétique des territoires ne pourra se faire qu'avec la volonté de tous les citoyens et de tous les élus, peu importe leurs sensibilités politiques d'origine. Nous profiterons tous des bienfaits économiques de la transition énergétique, tout en protégeant notre environnement.

 

Certains électeurs de droite et de gauche sont fatigués de vivre la politique comme une guerre de religion et de laisser l’idéologie être à la pensée ce que le racisme est aux hommes, une indignité et une bêtise. Il est aujourd’hui anachronique de raisonner en termes de droite et de gauche.

 

La nouvelle ligne de partage passera entre ceux qui pensent en termes d’ouverture, d’efficacité, de transparence et de coopération et ceux qui pensent encore en termes de hiérarchie, de fermeture, de clan et de corruption.

 

Il devient de plus en plus clair qu'il nous faut une nouvelle logique économique capable de nous faire entrer dans un futur plus équitable et plus durable. Un plan de développement économique qui fera naître des milliers de sociétés coopératives d’intérêts collectifs et pas seulement un plan de dépenses publiques et d’emplois jeunes.

 

Les grandes révolutions économiques de l'histoire se produisent quand une nouvelle technologie de communication rencontre un nouveau système énergétique.

 

La première révolution industrielle a vu converger la machine à vapeur avec l’imprimerie, entrainant la première alphabétisation de masse. La seconde fut celle du mariage du moteur à combustion avec la communication électrique (téléphone, radio, télévision), donnant naissance à une société basée sur le pétrole, la voiture et la production en série.

 

Peu s'en sont aperçu. Mais le déclenchement de la crise remonte au mois de juillet 2008, lorsque le prix de pétrole s'est envolé à 147 $ le baril. Sept ans avant, il était encore à moins de 24 $. Or la quasi-totalité de l’activité économique dépend du pétrole et des énergies fossiles : engrais, produits pharmaceutiques, matériaux de construction, fibres synthétiques, plastiques, transport, carburant, lumière, etc. Le renchérissement du coût de l'énergie a donc entrainé une hausse générale des prix et un effondrement du pouvoir d'achat. A 147 $ le baril, les prix étaient si élevés que l'économie mondiale s'est arrêtée. C'est à ce moment-là que le véritable séisme économique s'est produit. La crise financière, soixante jours plus tard n'a été qu'une réplique.

 

Nous avons atteint le « pic de la mondialisation ». Désormais, chaque fois que la croissance repartira, le prix de l’énergie augmentera et, à 150 $ le baril, l’économie s’arrêtera de nouveau. Nous enchainerons des cycles courts de reprise et de rechute, sans pouvoir en sortir. Nos gouvernements multiplient les réformes fiscales, bancaires... mais ils passent à côté de l'essentiel : l'agonie d'un modèle économique fondé sur le pétrole abondant et bon marché. Depuis 1980, la quantité de pétrole disponible par habitant diminue. Les réserves s'épuisent alors que la demande de la Chine et de l’Inde explose.

 

La seconde révolution industrielle était fondée sur des énergies fossiles, sales, rares et concentrées, nécessitant de gros investissements financiers, elle était par nature pyramidale et centralisée. La troisième révolution industrielle s’appuie sur des énergies vertes, propres, inépuisables, accessibles partout et par tous, elle est coopérative link.

 

 

Le Mené en Bretagne : vers un territoire à énergie positive

 

 

Dans tous les domaines : politique, économique, social, éducatif, la démocratisation et la décentralisation de l'énergie entrainera le passage d’un pouvoir hiérarchique et vertical à un pouvoir latéral et coopératif. Tout comme le partage de l'information sur Internet a déjà fait bouger les lignes. Les maisons de disque ont vu leurs revenus s'effondrer le jour où des millions de jeunes ont commencé à échanger leurs fichiers musicaux en ligne. Les journaux ont subi les mêmes revers avec l'avènement de la blogosphère.

 

Nul ne peut être propriétaire du soleil, du vent, des vagues, de la chaleur de la terre, de la biomasse, nul ne peut les privatiser ou les nationaliser. Chacun peut exploiter ces sources d'énergie pour son propre compte et en profiter. Les pays les plus pauvres du monde disposent aussi de ces richesses.


Les énergies renouvelables sont propres et démocratiques. Les énergies fossiles sont sales et par nature antidémocratiques. Celui qui tire son énergie d'une centrale nucléaire se fait couper le courant s'il ne paie pas sa facture. Cela ne peut pas arriver à celui dont l'énergie provient de capteurs solaires installés sur sa maison. Les énergies renouvelables rendent les gens indépendants. La liberté qui s'attache aux énergies renouvelables remet en question le monopole des énergies sales. Pourquoi les Français, eux qui accordent une telle valeur à la liberté, sont-ils incapables de voir quelles conséquences émancipatrices pourraient avoir le tournant énergétique.

 

La situation au début du XXIe siècle est comparable à d'autres ruptures historiques dans l'approvisionnement énergétique. Que l'on s'imagine ce qui se serait passé si les hommes, voici deux siècles et demi, au début de la première révolution industrielle, avaient envoyé au diable ceux qui leur conseillaient d'investir dans le charbon et l'acier, les machines à vapeur, les métiers à tisser et, plus tard, les chemins de fer. Ou bien, il y a quarante ans, s'ils avaient rejeté l'idée que l’on puisse investir dans les microprocesseurs, les ordinateurs et internet. Ou bien encore si nous avions continué à nous entêter avec le minitel.

 

Contrairement à l'Allemagne, la France prisonnière de sa culture nucléaire et des lobbies qui la protègent, n'a pas, à temps, créé les filières d’énergies renouvelables qui nous font aujourd'hui tant défaut et quand celle du photovoltaïque est née, on l'a tué dans l'œuf, en faisant pour le comble disparaître près de 20.000 emplois link ! Et pourtant, entre l'hydraulique, l'éolien, le solaire, la géothermie et la biomasse, la France détient le premier potentiel d'énergies renouvelables en Europe !!

 

La France est un pays centralisé. Cet atout du passé se retourne contre elle à l'heure de la transition énergétique. Il lui faut passer à un modèle coopératif. L'Allemagne est, à cet égard, mieux outillée : c'est un pays décentralisé, une fédération de régions où le pouvoir est déjà distribué.

 

Au XXIe siècle, des centaines de millions d'êtres humains vont produire leurs propres énergies vertes dans leurs maisons, leurs bureaux et leurs usines et la partager entre eux sur des réseaux intelligents d'électricité distribuée, exactement comme ils créent aujourd'hui leur propre information et la partagent sur internet link.

 

 

 

André Joffre, Ingénieur Art et Métiers, Président de Qualit'EnR, Président du Pôle de compétitivité solaire Derbi, Vice Président du SER (Syndicat des Energies Renouvelables), Président des Banques Populaires du Sud, Président du bureau d'étude Tecsol, explique l'internet de l'énergie.

 

Les régimes énergétiques déterminent la nature des civilisations, leur façon de s'organiser, de répartir les fruits de l'activité économique et des échanges, d'exercer le pouvoir politique et de structurer les relations sociales. Notre futur, c'est d'appliquer le modèle distribué de l'internet à l'énergie et à la société tout entière. L'électricité ne doit pas aller du producteur aux consommateurs, mais de tous à chacun, comme les mailles d'un réseau pair à pair link.

 

Le plus grand défi de cette vision n'est pas que la société ne la partage pas mais que nos représentants politiques et économiques ne cessent de s'en défendre au nom de leurs intérêts. Une évolution d'autant plus difficile si on regarde de plus près, le côté burlesque dans l'infâme système du « tourniquet », où cadres supérieurs des entreprises privées de l'énergie et hauts fonctionnaires de l'État changent de chapeaux et de bureaux dans une sorte de tourbillon.

 

Le Général de Gaulle a eu raison de lancer la France dans l’énergie nucléaire pour essayer d’obtenir une certaine indépendance énergétique. Dans les années 60, aucunes autres alternatives n’existaient. Aujourd’hui, les alternatives existent et nous avons fermé la dernière mine d’uranium sur le sol français en 2001.

 

L’indépendance énergétique n’existe plus. C’est un mensonge d’état ! Nous importons la totalité de l’uranium et du pétrole !

 

La France comptait 210 mines d’uranium sur son territoire dont la majorité en Limousin link. Depuis leurs fermetures, les déchets radioactifs extraits des mines de la COGEMA devenue AREVA, sont entassés à l’air libre ou dans des bassins. Ils continuent de contaminer l’air et les nappes phréatiques de notre région. Chaque plainte se termine par un non-lieu. AREVA est une entreprise publique ! La propagande du nuage radioactif de Tchernobil qui s’est arrêté à la frontière, est toujours présente en France. 

 

Le champ des possibles est immense et la réflexion pour changer de paradigme pourrait être passionnante. Au lieu de cela, les partis s'enferrent dans des débats stériles. Pour ou contre le nucléaire est une question qui n'a aucun sens si on ne donne pas en amont toutes les solutions pour y parvenir.


La France ne construira plus de nouvelles centrales nucléaires après l’EPR de Flamanville parce qu’aujourd’hui cette technologie est dépassée et ses coûts ne sont plus compétitifs par rapport aux énergies propres. En ce sens, on peut dire que nous sommes déjà sortis du nucléaire, sans l’annoncer officiellement. Nous irons au terme de la durée de vie de nos 58 réacteurs nucléaires qui sera atteint entre 2020 et 2030 puisque l’année dernière, en catimini, la durée d’exploitation des centrales nucléaires françaises a été porté de 30 à 40 ans. Est-ce une bonne chose pour la sureté ? L’avenir nous le dira…

 

De toute façon, notre pays n’a plus le choix parce que les lobbies de l’atome ont empêché la France d’anticiper le déclin du nucléaire et de développer les autres sources d’énergie. Quoique le Japon par la force des choses vient de fermer les 54 réacteurs nucléaires qu’ils possédaient sans augmenter la consommation de bougie !

 

 


Jeremy Rifkin : Le déclin du nucléaire 

 

On n’a plus le temps du nucléaire. La technique utilisée aujourd’hui, celle des neutrons lents, verra ses réserves d'uranium s’épuiser dans 30 ans. Les surgénérateurs utilisant les neutrons rapides ne seront pas prêts avant un siècle. Et la technique de fusion contrôlée du type ITER ne sera pas au point avant cinquante voire cent ans. De toute manière, le nucléaire est une mauvaise solution car il revient à hypothéquer l’avenir. À nous l’énergie, à nos enfants les déchets…link

 

L’atome est une énergie centralisée par essence alors que le futur appartient à la production partagée. Il n'a jamais été une énergie propre à cause des déchets radioactifs et il reste une petite source d’énergie à l’échelle mondiale. Aujourd'hui, 430 centrales nucléaires produisent 6% de l'énergie produite dans le monde. Pour passer à 20% en l'espace de vingt ans, il faudrait construire deux centrales par semaine d'ici à 2032! C'est impossible.

 

Le groupe allemand Siemens a d'ailleurs abandonné le secteur en septembre 2011.

 

C'est aussi un mauvais choix pour la France, car nous n'avons pas suffisamment d'eau pour refroidir les centrales : il faut 40% des ressources hydrauliques du pays pour refroidir les réacteurs. Sans compter que les périodes de sécheresse mettent ce système sous pression.

 

Et puis, une centrale nucléaire, ce n’est qu’une grosse bouilloire toxique faisant de la vapeur pour faire tourner une turbine avec un rendement ridicule de 30% ce qui veut dire que 70% de la chaleur produite ne sert à rien, si ce n’est polluer l’eau  des fleuves à la sortie de la centrale.

 

 


Nucléaire : l'énergie sale
 

Nos dirigeants n’ont pas fait preuve d’une bonne gestion de père de famille en mettant tous nos œufs dans le même panier. Aujourd’hui, le nucléaire représente 81% de notre production d’électricité, la part la plus importante du monde, le reste étant fourni par les grands barrages hydrauliques des années 50.

 

Affirmer qu'on y mettra fin à une date donnée n'est pas plus crédible puisqu'objectivement nul ne peut affirmer quand l'équilibre offre-demande du marché permettra cette fin annoncée. Nous devons rattraper notre retard en mettant le paquet dans le développement des énergies propres et renouvelables, dans les réseaux intelligents et dans la rénovation des bâtiments.


Les bâtiments sont un véritable gouffre énergétique : ils représentent 40 % de notre consommation d'énergie.

 

Et sont responsables de 25 % des émissions nationales de gaz à effet de serre. En moyenne, un logement français consomme 180 kWh/m²/an pour le seul chauffage, contre 140 kWh en Allemagne. Pendant les Trente Glorieuses, les nouveaux logements ont en effet été construits en série sans souci d'isolation.

 

Plusieurs pays européens ont mis en place un système de financement par tiers investisseur. Vous pouvez rénover un bâtiment sans que cela vous coute personnellement, un investisseur va faire réaliser les travaux d'isolation et va se rémunérer pendant 5 ans sur les économies d'énergie réalisées. Vous continuerez à avoir les mêmes dépenses d'énergie pendant 5 ans et ensuite vous aurez un bâtiment entièrement  rénové et des factures de chauffage 40% moins chères. Cette solution permet la création de nombreux emplois locaux tout en préparant l’avenir avec des économies importantes.

 

Dans plusieurs pays, un éco quartier signifie un quartier à énergie positive. Un promoteur vend des parcelles avec la fourniture du chauffage et de l’électricité comprise après avoir créé une production d’énergies renouvelables mutualisée dans le lotissement. Ensuite, vous pouvez construire votre maison en faisant l’économie de l’installation d’une chaudière individuelle et en ayant la garantie que vos factures de chauffage et d’électricité ne suivront plus la courbe toujours croissante du prix du pétrole.

 

Aujourd’hui, la France est le seul pays en Europe à promouvoir le chauffage électrique : une option aussi chère qu’inefficace et absurde, qui prend des millions de Français au piège de la précarité énergétique, et qui n’a été développée que pour écouler la surproduction d’électricité nucléaire.


En France, la « pointe » de consommation électrique a atteint 100,5 GW à l’hiver 2011-2012, le 7 février 2012 très exactement, en augmentation de 3,9 % par rapport au précédent record de 96,7 GW le 15 décembre 2011, alors qu’elle n’est que de 80 GW en Allemagne qui compte pourtant 17 millions d’habitants de plus que l’Hexagone.


Malgré son parc nucléaire et sa pseudo “indépendance énergétique“, la France importe massivement de l’électricité de ses pays voisins. Et, tenez-vous bien, le pays avec lequel la France échange le plus d’électricité est… l’Allemagne.

 

Mais pas pour voler au secours de ces Allemands qui ont fermé leurs réacteurs nucléaires, en leur vendant de notre électricité… Non : le dernier relevé mensuel de RTE (Réseau de transport d’électricité), en date de décembre 2011 et arrêté au 6 janvier 2012, était catégorique. En décembre 2011, la France aura vendu 613 GWh à l’Allemagne, mais en aura importé 884 GWh… Soit un solde exportateur déficitaire de 271 GWh, au crédit de l’Allemagne. Et le 8 février 2012, nous avons dû leur acheter de l’électricité photovoltaïque qu’ils nous ont fait payer au prix fort de 1 €/kWh !!!

 

Le constat est donc implacable : pour (mal) chauffer une population française majoritairement équipée de convecteurs électriques, la France doit importer massivement et ce, même de pays qui sont sortis du nucléaire.

 

Le chauffage électrique est interdit au Danemark depuis 1985 et soumis à autorisation préalable en Suisse. Notons par ailleurs que la Constitution de l’Autriche interdit le recours à l’énergie nucléaire. Les Français paient certes l’électricité 25 % moins cher que leurs voisins allemands, notamment grâce aux subventions cachées dont bénéficie le nucléaire depuis des décennies mais ils en consomment 1,4 fois plus, alors même que l’Allemagne est plus industrialisée !

 

La consommation du chauffage électrique en France représente l’équivalent de la production annuelle de 10 réacteurs nucléaires.

 

Et la question de l'assurance de l’atome ? Etrangement, dans l'empire de l'économie de marché, l'énergie nucléaire a été la première industrie socialiste d'Etat, au moins pour ce qui concerne le coût à payer pour les erreurs. Les profits vont dans des poches privées, mais les risques sont socialisés, c'est-à-dire assumés par les générations futures et les contribuables. Si les entreprises de l'énergie nucléaire étaient contraintes de contracter une assurance spécifique à l'atome, la fable de l'électricité nucléaire à bon marché ne serait plus qu'un souvenir.

 

Pourquoi les vraies questions, les plus riches de sens et d'intérêt, sont-elles à ce point relayées au second plan par les grands élus nationaux et les médias ? :

 

Quelles politiques et quels moyens pour diminuer la consommation dans nos maisons, dans nos villes et dans nos industries ?

Quelles politiques pour que le transport des biens et des personnes ne soit plus l'une des plus importantes sources de CO² ?

Quelles nouvelles formes d'aménagement de nos villes et de nos territoires ? 

Quels liens entre l'énergie et les politiques locales, régionales et nationales ?

Quelles politiques de recherche, de financement et de développement industriel ?

Quel enseignement pour changer nos comportements ?

Quelle nouvelle organisation de vie ?

Quelle formation pour nos artisans ?

 

Il est possible de viser une croissance verte sans renoncer à un certain confort de vie. Le développement durable repose sur l'idée qu'on ne doit pas produire ni consommer plus qu'on ne peut l'assumer sur le long terme. Cela n'a rien à voir avec l'idée de décroissance. Il n'est pas question de revenir à un âge préhistorique. Le nouvel horizon énergétique territorial à partir des énergies renouvelables locales repose sur les liens de la communauté. Or, quand on est trop pauvre, on pense à sa famille, pas aux pingouins !

 

Pour être généreux et désintéressé, il faut bénéficier d'un certain confort individuel. Plus les individus vont s'enrichir au niveau mondial, et plus ils auront à cœur de consommer de façon soutenable, en gardant une bonne qualité de vie. L’écologie nous concerne tous et devrait être au-dessus des partis politiques, loin du clivage : droite ou gauche. 

 

Les allemands flairent les opportunités économiques qui s'attachent aux marchés liés à l'avenir. En Allemagne, le tournant énergétique se résume à un mot en quatre lettres : "jobs".

 

Un cynique dirait : laissez donc les autres continuer à ne pas avoir peur du nucléaire, cela leur vaudra une stagnation économique et des erreurs d'investissements. Les partisans de l'énergie nucléaire se barrent eux-mêmes le chemin des marchés du futur parce qu'ils n'investissent pas dans la voie alternative que constituent les matériaux économisant l'énergie et les énergies renouvelables. Notre futur, c'est d'appliquer le modèle distribué de l'internet à l'énergie et à la société tout entière.

 

Le plan de bataille repose sur 5 grands piliers :

 

1.Le passage aux énergies renouvelables : nous n'avons pas le choix, l'épuisement des énergies fossiles nous conduit à terme à devoir faire entièrement reposer notre économie sur les énergies renouvelables. Mais comment collecter ces énergies ? La logique a d’abord été de créer des parcs solaires géants dans les régions ensoleillées et des fermes éoliennes là où le vent souffle constamment. Si cette démarche est nécessaire, elle ne suffit pas à couvrir nos besoins. Contrairement au charbon ou au pétrole, les énergies renouvelables se trouvent partout et à l’infini. Pourquoi alors mettre en place un système de collecte centralisé ? C’est le pilier numéro deux.

 

2.Il faut transformer chaque bâtiment en microcentrale énergétique. Chaque maison, chaque immeuble doit collecter, sur site, le soleil sur son toit, le vent sur ses murs, transformer ses ordures en biomasse, exploiter la chaleur géothermique sous ses fondations. Le troisième pilier est le plus novateur.

 

3.Il s’agit du stockage des énergies renouvelables propres link . La technologie de l’hydrogène est, à ce jour, la plus prometteuse. Il faut ensuite trouver le moyen de distribuer l'ensemble de l'énergie produite par ces millions de bâtiments. Le quatrième pilier est fondamentalement coopératif.

 

4.Il s'appuie sur la transformation du réseau électrique en un internet de l'énergie (smart grid) où chacun pourra vendre et acheter son électricité. Quand des millions d'immeubles produisent localement, sur site, une petite quantité d'énergie, ils peuvent vendre leurs excédents au réseau et partager de l'électricité avec leurs voisins. Enfin, le dernier pilier concerne le transport.

 

5.Le déploiement de véhicules propres, électriques ou à hydrogène link  issus des énergies renouvelables link, rechargeables sur le réseau.

 

 


La voiture à hydrogène  issu des EnR

 

Ces cinq piliers doivent être mis en place simultanément, sinon leurs fondations ne tiendront pas. Cette transition porte en elle l'opportunité d'un nouveau développement économique.

 

En France, on imagine rouler en voiture électrique alimentée par notre électricité nucléaire, avec 6 h d'attente pour recharger une batterie. Pour cela, nous aurions dû commencer la construction de nouvelles centrales nucléaires, autre que l'EPR de Flamanville, depuis longtemps. Dans d’autres pays, on lance la construction d’un réseau de station d’hydrogène alimentée par des énergies renouvelables comme des éoliennes pour les voitures électriques avec pile à combustible de demain et ils pourront faire le plein comme on fait le plein d’une voiture au GPL, en 2 mn.

 

Proposer une vision, là où les autres n'en ont plus, là où la crise les détruit toutes. Et c'est en cela que la perspective est stimulante : proposer un avenir où les écosystèmes doivent succéder au marché, où la transparence et la coopération doivent supplanter la corruption et la centralisation.


 

Energies Renouvelables 2

 

 

Proposer un avenir, quand les crises actuelles (économiques, écologiques, sociales...) et les perspectives d'avenir de notre économie fossile n'en proposent plus aucun, autre qu'une crise qui s'annonce plus grave encore que celle que l'on connaît.

 

Cela signifie que ce futur, c'est à nous tous de le défendre, de le porter. Sortir d'une position de consommateur et de spectateur de la politique, pour aller vers une position d'acteur. L'internet nous en donne certainement les moyens, mais il ne se suffit pas.

 

Nous avons à nouveau un futur, mais, à voir les déclarations des candidats à l'élection présidentielle, personne pour le défendre. Personne, parce que ce futur remet en cause la raison même de leur candidature. Ce futur ne cherche pas tant un président figure tutélaire du fonctionnement hiérarchique de notre société, qu'une organisation plus latérale, où toute action publique serait enfin plus partagée, pour être mieux portée et plus acceptée par la société tout entière. Un futur qui, comme tous les futurs, nécessite une révolution des mentalités pour devenir un projet de société.

 

Comment expliquer la surdité de la classe politique et des médias sur les énergies propres renouvelables ?

 

Le puissant lobby nucléaire français est installé à tous les postes clés link. Son noyau, le fameux corps des Mines, renforcé par l'élite de polytechnique et de l'ENA link. Or, dans une France ou l'élitisme républicain est toujours de mise, ce sont eux qui verrouillent les postes de la haute fonction publique ou ceux des grandes entreprises nationales linklink.

 

Changer de régime énergétique suppose de changer la structure même de l'organisation politique et sociale de nos sociétés. La fin de l'ère du pétrole et du pouvoir centralisé au profit d'une économie coopérative fondée sur les énergies renouvelables et l'internet.

 

Lors du débat entre Nicolas Sarkosy et François Hollande, le seul sujet sur lequel, ils étaient d'accord, c'est le succès économique de l'Allemagne. Un des seuls pays à avoir réduit son chômage quand tous les autres, dont la France, l'ont vu fortement progresser. Mais ce que les deux candidats se sont bien gardés d'expliquer aux Français, c'est la raison de ce succès : les énergies renouvelables, l'efficacité énergétique et l'internet de l'énergie.

 

Les énergies renouvelables ont créé en Allemagne 361 360 emplois pour seulement 174 735 emplois en France à fin 2011 link. Le nucléaire français emploie seulement 40 000 personnes depuis plusieurs décennies (20 000 chez EDF et 20 000 chez les sous-traitants link). Ce nombre ne progressera pas mais ne baissera, non plus, contrairement aux craintes de N. Sarkosy durant la campagne, nous devrons surveiller les déchets radioactifs sur des millénaires et le démantèlement d’une centrale nucléaire nécessite minimum 20 ans de travaux link.

 

Malheureusement, les politiciens de carrière sont à des années lumières de vous parler de cette nouvelle économie qui se met en place partout dans le monde, à partir des énergies renouvelables et d'internet. Leur pouvoir est en jeu. Cette transition énergétique territoriale passe par les communes, les communautés de communes, les départements et les régions, c'est cela, la décentralisation de l'énergie et du pouvoir.

 

Le 2 mai 2012, le Conseil Régional d’Aquitaine a lancé la dynamique des « territoires à énergie positive » link. Dans la suite logique de la motion du 27 juin 2011 « engager et organiser la sortie du nucléaire en Aquitaine » et du plan climat-énergie « Défi Aquitaine Climat » adopté le 19 décembre 2011, le Conseil Régional d’Aquitaine affirme son engagement dans la voie de la décentralisation énergétique, en accompagnant les territoires à devenir plus sobres, autosuffisants et approvisionnés 100 % en énergies renouvelables.

 

Un appel à manifestation d’intérêt vise à sélectionner, le 7 juillet  2012, 3 ou 4 territoires aquitains, qui souhaitent devenir pionniers ; les territoires ciblés sont les communautés de communes dotés d’une volonté politique forte dans le domaine énergie-climat et prêts à signer la charte TePos (Territoire à énergie POSitive) du CLER (Comité de Liaison des Energies Renouvelables) link.

 

La région Poitou Charente a également mis en place un outil très intéressant link

 

 


 
Malgré le discours de N. Sarkosy en juin 2009 devant l’INES (Institut National Energie Solaire) ou il déclarait : « pour un euro dans le nucléaire, je mettrai un euro dans les énergies renouvelables ». En 2010 en France, l'aide publique à la recherche pour le nucléaire civil s'est élevée à 440 M€, celle pour l'ensemble des énergies renouvelables (biomasse, éolien, géothermie, hydraulique, énergies marines, solaire) à 140 M€  avec une division par 2 pour le photovoltaïque entre 2008 et 2010.   

Les acteurs des énergies renouvelables en France espèrent que l'arrivée de François Hollande à la présidence enclenchera la transition énergétique dont notre pays a grandement besoin. Le nouveau président était jusqu'à aujourd'hui pro nucléaire et beaucoup de personnes influentes de son entourage le sont également. Ses 3 propositions sur l'énergie sont très insuffisantes et les énergies renouvelables ont été oublié ! link . Notre espoir réside surtout dans les présidents de régions socialistes, très impliqués dans le développement des énergies renouvelables de leurs territoires. Il faut souhaiter qu'ils sauront se faire entendre, contrairement aux élus UMP, si leur président cède devant le lobby de l'atome, très présent dans la haute fonction publique.

Dans le cadre de la Directive Energie et Climat de l’Union Européenne de 2009, l’Allemagne s’est engagée à déployer d’ici à 2020 un parc photovoltaïque d’une capacité totale de 51 GWc, ce pays a d’ores et déjà installé 28 GWc  en 2012. En comparaison, la France s’est engagée dans le cadre de cette directive à un niveau de 5 GWc  pour 2020, soit dix fois moins que nos cousins germains d’outre Rhin. En 2012, 2,6 GWc sont déjà en place. Toujours est-il qu’un observateur de la situation dans les deux pays doit sans doute s’étonner que la France pourtant connue pour ses richesses solaires sur la Côte d’Azur et ailleurs, se montre aussi timide par rapport à son voisin allemand qui dispose de l’ensoleillement de l’Alaska !

 

La France doit suivre le Japon, l’Espagne et l’Allemagne et promouvoir l’autoconsommation des énergies renouvelables et les compteurs intelligents réversibles, surtout pas les compteurs Linky qu’EDF souhaite mettre en place. Ce modèle s’imposera à terme avec le stockage et la vente de l’excédent d’électricité. Au Japon, le tarif d’achat ne couvre que l’électricité excédentaire non consommée par le particulier, celui-ci disposant de subventions à l’installation. Selon le gouvernement Japonais, ce système est bénéfique car il diminue la consommation d’électricité des foyers qui cherchent à favoriser la revente. Depuis avril 2012, l’Espagne permet la rémunération de l’excédent d’électricité injectée après autoconsommation pour les installations jusqu’à 100 kWc, toutes les autres aides ont été supprimé.

 

En 2011, dans l’Union européenne, la filière solaire photovoltaïque a été la première filière électrique sur le plan de la puissance nouvellement installée. En effet, 21 529 MWc de centrales solaires photovoltaïques ont été installée d’après EurObserv’ER. C’est plus du double de la puissance des nouvelles centrales éoliennes qui s’élève à 9 368 MW, c’est également plus du double de la puissance des nouvelles centrales au gaz naturel  à 9 718 MW et beaucoup plus que la puissance des nouvelles centrales au charbon à 2 200 MW, au fioul à 700 MW ou fonctionnant à l’énergie nucléaire à 331 MW. Les énergies renouvelables dans leur ensemble ont représenté plus de 70% de la puissance nouvellement connectée dans l’Union européenne, confirmant la tendance majoritaire des filières renouvelables amorcée en 2008.

 

Selon EurObserv’ER, la France occupe seulement la 10ème place pour la puissance photovoltaïque par habitant, derrière l’Allemagne, l’Italie, la République Tchèque, la Belgique, l’Espagne, la Slovaquie, le Luxembourg, la Grèce et la Slovénie.

 

Selon le magazine Photon International, le prix moyen des modules  photovoltaïques est passé de 1,44€ le watt début janvier 2011 à 0,82€ le watt en janvier 2012 soit une baisse de 43,1% sur un an. Cette technologie ne cesse de réduire ses prix et d‘accroitre ses rendements à une vitesse vertigineuse quand l’énergie nucléaire ne cesse d’augmenter ses coûts et n’a fait aucun progrès technologique depuis 40 ans malgré d’énormes subventions durant toutes ses années.

 

L’Italie a connecté au réseau 9 280 MWc en 2011, portant la puissance totale raccordée au réseau à 12 800 MWc link. L’Allemagne a connecté 7 500 MWc en 2011, portant la puissance cumulée du parc allemand à 25 000 MWc. La France a porté sa puissance cumulée à 2 600 MWc fin 2011 et a mis en place un système de quota pour ne pas dépasser 500 MW de puissance par an jusqu’à 2020. En d’autre terme, il faudrait 13 ans à la France pour connecter la même puissance que les Italiens ont connectée sur la seule année 2011 si on ne change pas rapidement la réglementation. 

 

 


Union Européenne : 23% d'énergies renouvelables pour 2020

 

Les engagements pris en 2001 par la France (Directive Européenne 2001/77/EC) d'atteindre 21% d'énergies renouvelables en 2010 n'ont pas été respecté mais cette directive n'était pas contraignante, pas d'amendes prévues par l'UE.

 

En revanche, la nouvelle Directive Européenne Energies Renouvelables 2009/28/CE sera contraignante et les pays qui ne respecteront pas leurs engagements devront verser des pénalités à l'UE. La France doit atteindre un objectif de 23% d'énergies renouvelables en 2020 dans la consommation brute d'énergie finale, elle est aujourd'hui à 12,4%. Cet objectif est un des plus faibles d'Europe, la Suède a un objectif de 49% et elle est déjà à 46,9%, ce pays a toutes les chances de faire beaucoup mieux que prévu.

 

La France est certaine de ne pas atteindre cet objectif, déjà très faible, au vu des barrières administratives mises en place par le lobby nucléaire pour limiter le développement des énergies renouvelables dans notre pays et cela, malgré le discours officiel favorable aux énergies nouvelles.

 

Tant que le syndrome de la bougie sévira en France, les énergies renouvelables ne pourront pas décoller. Et pourtant entre le nucléaire et la bougie, il y a l'intelligence...

 

(Plusieurs passages de cet article sont extraits du livre de Jeremy Rifkin : La 3ème révolution industrielle) 

 

 

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Transition Energétique

Au nom de quoi léguer pour des milliers d'années à des centaines de générations des produits toxiques qui n'auront servi au bien être que de deux ou trois générations ?
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