TRANSITION ÉNERGÉTIQUE

Interview Julien NOE, Directeur Général d'Enercop

Comment garantissez-vous à vos clients l’origine renouvelable de l’énergie que vous leur vendez ?


Julien Noë : Nous nous approvisionnons exclusivement auprès de centrales hors obligation d’achat (voir note ci-dessous), produisant à partir d'une source d'énergie renouvelable. Nos producteurs sont membres de la coopérative où un « collège producteurs » leur est réservé. Ils nous vendent l’électricité qu’ils produisent ainsi que les droits verts attachés (garantie d'origine). C’est une solution qui est coûteuse pour nous car nous ne bénéficions pas de la CSPE. Nous estimons d’ailleurs que c’est discriminatoire et avons formulé une plainte auprès de la Commission européenne pour pouvoir bénéficier, comme EDF, du mécanisme de la CSPE. Celle-ci l'a jugée recevable et a écrit à la France en avril 2007. Dans l’immédiat, nous espérons qu’un texte législatif pourrait nous donner satisfaction en ouvrant à tous les fournisseurs le mécanisme de compensation. Des amendements en ce sens ont déjà été débattus au Sénat (amendement de M. Ladislas Poniatowski) et à l’Assemblée (amendement de Jean Dionis du Séjour), sans succès jusqu’à présent. Un espoir est récemment né des propositions du groupe de travail énergie du Grenelle de l'environnement : une révision du système actuel a été reconnue nécessaire. Quoi qu’il en soit, c’est bien parce que nous achetons directement à des producteurs l’électricité d’origine renouvelable que nous pouvons garantir à nos clients une offre 100% verte. A chaque fois que nous avons de nouveaux clients, nous achetons à de nouveaux producteurs.

 

Quelle est la différence avec les offres « vertes » des autres fournisseurs ?

 

Julien Noë : Leurs offres reposent le plus souvent sur des certificats verts ou TÜV. Ces certificats sont des mécanismes privés de traçabilité. Mais ces certificats peuvent être émis indépendamment du mécanisme officiel de traçabilité (système des Garantie d'Origine) : en clair, il y a la possibilité d’une double comptabilité, d’une double traçabilité.

Comment est-ce possible ?

 

Julien Noë : Un producteur qui vend son électricité d’origine renouvelable à EDF, via l’obligation d’achat, transfère à EDF la garantie d’origine associée à sa production. EDF, dispose donc déjà, en plus de l'électricité, des »droits verts » attachés à l'électricité produite. Mais, et c'est là qu'il y a problème, rien n'empêche ce producteur de vendre un certificat privé, pour cette même électricité. Car, même si les émetteurs de certificat disent ne traiter que de l'électricité hors contrat d'obligation d'achat issu de la loi 2000, rien n’oblige les organismes certificateurs à demander la garantie d’origine qui y est attachée. En résumé, coexistent un mécanisme public (la garantie d’origine) et des mécanismes privés (certificats verts et TUV) qui peuvent porter sur la même électricité. Avec les certificats, de bonne ou de mauvaise foi, les consommateurs peuvent être trompés. Ceux-ci croient payer pour développer de la production verte, ce qui n’est pas le cas. Le même produit « valeur verte de l'électricité » peut être vendu plusieurs fois par le même producteur (une fois via l'obligation d'achat et une fois via un certificat privé). Ouvrir le droit au mécanisme de soutien aux fournisseurs souhaitant proposer une offre verte permettrait de résoudre le problème de traçabilité.

L'obligation d’achat est un mécanisme qui permet à un producteur d’énergie renouvelable de vendre sa production à EDF à un prix couvrant le coût de production. EDF la réinjecte alors sur le réseau. Pour cela, EDF bénéficie d’une subvention ou compensation, financée par le CSPE (contribution au service public d’électricité) payée par chaque foyer sur sa facture. Le système de garantie d'origine (GO) est le mécanisme de traçabilité officielle de l'électricité produite à partir de sources d'énergie renouvelables. Il a été mis en place par la loi. Sa gestion est assurée par RTE.



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Transition Energétique

Au nom de quoi léguer pour des milliers d'années à des centaines de générations des produits toxiques qui n'auront servi au bien être que de deux ou trois générations ?
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