TRANSITION ÉNERGÉTIQUE

Fan club du nucléaire : Élus, députés, ministres, industriels ou hauts-fonctionnaires...

 

Corruption 2

Les promoteurs de l’énergie nucléaire ne manquent pas en France. Les ardents défenseurs de l’atome sont légion. Petit Who’s who.

 

Arnaud Montebourg : le Ministre du redressement productif ne cesse de s’illustrer par des propos toujours plus rétrogrades, vantant une approche productiviste, pro-nucléaire, pro-gaz de schiste, pro-gaz de houille et même pro-diesel, aux anti-thèses de la transition énergétique. “Filière d’avenir”, “atout extraordinaire”, le nucléaire serait “l’outil pour assumer la transition énergétique”, rien moins que “le moyen pour avancer sur le chemin de la réindustrialisation”. Mais si le nucléaire est l’un des piliers du patriotisme économique défendu par Arnaud Montebourg, c’est sûrement parce que la Saône-et-Loire, département dont il fut le président du conseil général de 2008 à 2012, est un lieu d’implantation d’Areva, qui y fabrique les cuves des réacteurs nucléaires.

 

«Filière d'avenir, atout extraordinaire» Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, sur BFMTV le 27 août 2012.

Anne Lauvergeon : formée à l’Ecole des Mines, elle a joué depuis la fin des années 1990 un rôle central parmi les barons de l’industrie française, alors qu’elle était à la tête de la Cogema (nommée en 1999 par Dominique Strauss-Kahn), puis d’Areva, jusqu’en 2011. Administratice de GDF-Suez jusqu’en 2012, elle est encore aujourd’hui administrative du pétrolier Total. Sa promiximité avec les groupes du CAC40 qui dictent la politique énergétique depuis 40 ans en France ne l’a pas empêchée de se retrouver nommée au Comité de pilotage du débat sur la transition énergétique. 


Bernard Cazeneuve : l’actuel Ministre du Budget, porte-parole du candidat Hollande pendant la présidentielle, est aussi un défenseur ardent nucléaire. L’ancien maire de Cherbourg est plus connu sous le nom de « député Cogema » (l’ancienne dénomination d’Areva). C’est lui qui a convaincu François Hollande de poursuivre le chantier de l’EPR. C’est à lui qu’Areva a téléphoné pour le prévenir des « conséquences graves » qu’entraînera l’accord entre le PS et Europe Ecologie-Les Verts, aboutissant à un recul du PS sur le dossier. Rien d’étonnant quand on sait que la région Basse-Normandie, dont il est le vice-Président, fournit à elle seule 17 % de la production nationale d’énergie atomique, et compte notamment sur son territoire le centre Areva de traitement des déchets nucléaires à La Hague. Pour Bernard Cazeneuve, “le nucléaire civil est une chance pour la France” .

 

«Le nucléaire civil est une chance pour la France» Bernard Cazeneuve, député PS, le 19 mai 2009, lors d’une séance de questions au gouvernement.

Union Française de l’Electricité : l’UFE est l’association qui porte les intérêts des employeurs du secteur de l’électricité, producteurs, gestionnaires de réseaux ou fournisseurs de l’électricité. Parmi ses membres: EDF, GDF, E-On, Vattenfall… Elle a publié une étude prospective “Electricité 2030, quels choix pour la France”, contribution désinterressée, cela va de soi, au débat énergétique français. Elle compare 3 scénarios de production électrique, avec respectivement 70%, 50% et 20% de nucléaire. Sans surprise, les résultats de cette étude sont très favorables aux scénarios de poursuite du nucléaire à des niveaux élevés. Sauf que l’étude complète n’est pas disponible, l’UFE n’ayant pas souhaité communiquer les détails de sa méthode de travail. Rien d’étonnant quand on se prête à l’analyse de la synthèse diffusée par l’UFE, comme l’a fait Global Chance dans ses Cahiers de mars 2012. Il en ressort notamment que l’UFE ne décrit pas dans son scénario de maintien du nucléaire le mix de production, ce qui empêche d’en vérifier la cohérence… Et ne traite pas non plus l’évolution de la demande d’électricité, ni les potentiels d’économies et encore moins leur coûts, refusant de les considérer comme un levier d’action… Une contribution tout sauf sérieuse, mais qui a été abondamment utilisée par nombre de personnalités politiques et industrielles militant pour le maintien du nucléaire, pour étayer leur argumentation.


Patrice Prat : Député du Gard, Patrice Prat est l’un des socialistes qui s’est emparé de la question énergétique à l’Assemblée nationale. Membre du groupe d’étude sur l’énergie et du groupe d’étude sur les gaz de schiste, il est aussi membre de la Commission locale d’information de la centrale de Tricastin et fait partie des quelques députés qui participent au collège des parlementaires mis en place dans le cadre du débat sur la transition énergétique. Il explique que « Oui, le nucléaire est une filière d’avenir ! Notre pays ne va pas tourner le dos à cette énergie, sur laquelle il devra pouvoir compter pour fournir aux entreprises et aux ménages, l’énergie la plus sûre et la moins coûteuse possible » …

 

«L’énergie la plus sûre et la moins coûteuse possible» Patrice Prat,député PS, le 27 août 2012.

Banque publique d’investissement : la Banque publique d”investissement a été présentée par le Président de la République comme “la Banque de la transition écologique”. Comment interpréter alors que la première action de la BPI, soutenue à hauteur de 50 millions par l’État, consiste à soutenir la filière nucléaire ?


 

link

 


Retour à l'accueil

Partager cet article

À propos

Transition Energétique

Au nom de quoi léguer pour des milliers d'années à des centaines de générations des produits toxiques qui n'auront servi au bien être que de deux ou trois générations ?
Voir le profil de Transition Energétique sur le portail Overblog

Commenter cet article