TRANSITION ÉNERGÉTIQUE

Cattenom - Dégradation des dispositions de défense en profondeur

 

 

 

Le 18 janvier 2012, EDF a déclaré à l’ASN l’absence de dispositif casse-siphon sur les tuyauteries de refroidissement des piscines d’entreposage des combustibles des réacteurs 2 et 3 de la centrale de Cattenom, détectée lors d’un contrôle interne. Le Réseau "Sortir du nucléaire" a déposé plainte.

 

Le site de Cattenom abrite la centrale nucléaire exploitée par EDF dans le département de la Moselle, à 5 km de Thionville. Ce site se trouve à 10 km du Luxembourg et de l’Allemagne.

 

Cette centrale nucléaire est constituée de 4 réacteurs à eau sous pression d’une puissance de 1300 MWe. Les réacteurs 1, 2, 3 et 4 constituent respectivement les installations nucléaires de base (INB) 124, 125, 126 et 137.

 

Dans chaque réacteur, une piscine est destinée à l’entreposage des assemblages combustibles dans l’attente de leur utilisation dans le cœur du réacteur ou de leur évacuation. Les combustibles sont maintenus sous eau et refroidis en permanence. Une baisse importante du niveau de l’eau conduirait à un découvrement des assemblages combustibles, qui pourrait provoquer leur endommagement. Des alarmes permettent de détecter une baisse de ce niveau.

 

L’eau de refroidissement est injectée au fond de la piscine par une tuyauterie. De manière incidentelle, par exemple en cas de manœuvre incorrecte de certaines vannes, la tuyauterie d’injection pourrait aspirer l’eau de la piscine par un phénomène de siphon, au lieu d’en injecter, ce qui conduirait à une baisse du niveau de l’eau. Un orifice, appelé « casse-siphon », est ménagé dans cette tuyauterie, au voisinage de la surface de la piscine, pour enrayer un siphonnage qui se serait amorcé.

 

Lors d’un contrôle effectué dans le cadre des actions entreprises à la suite des évaluations complémentaires de sûreté post-Fukushima, l’exploitant de la centrale de Cattenom a constaté que ces casse-siphons étaient bien présents sur les réacteurs 1 et 4, mais pas sur les réacteurs 2 et 3.

 

Les écarts constatés ont été corrigés par une intervention sur les tuyauteries, effectuée entre le 1er et le 3 février 2012. Mais cette non-conformité constitue un écart par rapport au référentiel de conception. Elle constitue une dégradation des dispositions de défense en profondeur et l’événement a été classé au niveau 2 de l’échelle INES  .

 

De plus, l’exploitant a constaté cet incident le 21 décembre 2011. Pourtant, il ne l’a déclaré dans les formes prescrites que le 18 janvier 2012, soit plus de 28 jours après. Or, la législation relative aux installations nucléaires de base impose une obligation de déclaration sans délai. Son non-respect est constitutif d’un délit puni d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende.

 

Le Réseau "Sortir du nucléaire" a donc déposé plainte pour ces faits, le 28 février 2012.

 

http://groupes.sortirdunucleaire.org/Cattenom-Degradation-des

 

 

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