TRANSITION ÉNERGÉTIQUE

Biogaz : du gaz de poubelles dans nos voitures ?

 

La filière du biogaz carburant rêve de prendre une partie de la place du diesel dans l’Hexagone. Photo AFP

La filière du biogaz carburant rêve de prendre une partie de la place du diesel dans l’Hexagone. Photo AFP

 

De la poubelle au réservoir : la première station-service de gaz propre pour véhicules de France a été inaugurée ce mardi en Lorraine.

À Morsbach, en Moselle, près de la frontière allemande, il ne faut pas chercher loin le secret de la station de biogaz carburant : à dix mètres se dresse l’usine Methavalor. C’est là qu’on transforme les déchets ménagers de la région en méthane, qui est ensuite épuré par Air Liquide puis injecté dans le réseau gazier. Quelque 40 stations publiques de gaz carburant existent déjà en France, mais celle de Morsbach sera la première à vendre du carburant contenant 100 % de biogaz, ainsi qu’une variante un peu moins chère avec un taux de 30 %.

Avec l’essor du biogaz carburant, la filière espère aussi renforcer l’attrait des véhicules au gaz en général. Premier marché cible : les poids lourds, où les modèles électriques ou hybrides peinent à convaincre. « On a atteint avec le gaz carburant un stade significatif mais qui reste modeste, et on sentait une certaine indifférence. Le biogaz redonne un élan », souligne Corinne Berthelot, présidente de l’Association française du gaz naturel pour véhicules (AFGNV).

Si le biogaz est neutre en carbone, le gaz naturel permet en effet déjà 25 % d’émissions de CO 2 en moins par rapport au diesel. Il est moins cher à la pompe en raison notamment de faibles taxes. Mais surtout, il n’émet aucune particule fine, et 98 % moins d’oxydes d’azote et d’oxydes de soufre. Un argument de poids alors que le diesel, classé cancérigène par l’OMS l’an dernier, est sur la sellette pour ses conséquences sanitaires.

Doper la production

 

Reste un certain nombre d’obstacles : outre le besoin d’un véhicule spécial 15 à 20 % plus cher et d’un coûteux réseau de stations-service, le gaz carburant affiche une autonomie moyenne avoisinant les 300 à 400 kilomètres, à cause de réservoirs environ trois fois plus gros. « On ne va pas remplacer tout le diesel, c’est certain », concède Gilles Durand, secrétaire général de l’AFGNV. « Tout le monde sait qu’il est dangereux, mais il y a une telle inertie qu’on ne va pas démonter les chaînes automobiles diesel d’ici 20 ans ».

Et malgré son potentiel, la production de biogaz, qui nécessite la création de nombreux sites, ne devrait néanmoins pas dépasser 2 % de la consommation française de gaz d’ici 8 ans, selon Catherine Foulonneau, membre de la direction de la stratégie du distributeur gazier public GrDF.

Pour doper la production de biogaz qui peut aussi servir au chauffage et à la production d’électricité, la France a mis en place des incitations, dont un prix d’achat du biogaz par les distributeurs environ deux fois plus élevé que le gaz fossile, et répercuté sur la facture. link

 

 

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Au nom de quoi léguer pour des milliers d'années à des centaines de générations des produits toxiques qui n'auront servi au bien être que de deux ou trois générations ?
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