TRANSITION ÉNERGÉTIQUE

Doubler la part des énergies renouvelables dans le mix mondial rapporterait 15 fois la mise, selon l’Irena

Doubler la part des énergies renouvelables dans le mix mondial rapporterait 15 fois la mise, selon l’Irena

290 milliards de dollars de dépenses supplémentaires par an mais jusqu’à 4200 milliards d’économies annuelles. 15 fois la mise. C'est l’équation du doublement de la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique mondial, à 36% d’ici à 2030, selon une étude de l’Irena. De quoi limiter le réchauffement climatique à moins de 2°C.

Effet post-COP21 ! L’Agence internationale des énergies renouvelables (Irena) pousse ses scénarios et l’appel à limiter le réchauffement climatique à moins de 2°C que les Etats ont inclus dans l’accord de Paris. Alors que ses précédents travaux engageaient à viser le cap de 30 % d’énergies renouvelables dans le mix mondial d’ici à 2030, l’étude "REmap: Roadmap for a Renewable Energy Future" publiée ce jeudi 17 mars ambitionne de doubler la part des énergies renouvelables, de 18% à 36%, d’ici à 2030.

Un niveau qui permettrait "d’éviter jusqu’à 12 gigatonnes d’émissions annuelles de CO2 supplémentaires par rapport au scénario "business as usual", tandis que les mesures d’efficacité énergétiques éviteraient 8 gigatonnes supplémentaires", écrit l’Irena dans son étude. De quoi "aller au-delà de la cible des 2°C fixée à Paris", précise le rapport.

Le coût est à la mesure de l’enjeu : "Doubler la part des énergies renouvelables demande d’augmenter les investissements dans les capacités de génération d’électricité, de chauffage, refroidissement et biofuel de 350 milliards en 2015 et jusqu’à 1300 milliards en 2030". L’accélération est notable.

DÉPLOYER 6 FOIS PLUS D'ENR

Les plans nationaux actuels de développement des renouvelables des 40 pays étudiés (qui représentent 80% de la consommation d’énergie de la planète) ne permettraient d’atteindre qu’une part de 21% en 2030, calcule, l’Agence, qui estime qu’il faudrait multiplier par six le déploiement de ces énergies. Et investir 770 milliards de dollars par an d’ici à 2030, soit une augmentation des coûts du système énergétique mondial d’environ 290 milliards de dollars par an.

C’est cher, mais largement rentable pour l’Irena. L’agence estime que le monde récupérerait quatre à 15 fois sa mise. "La réduction des émissions de CO2 et des dégâts de la pollution de l’air sur la santé humaine et les cultures agricoles peut générer des économies annuelles nettes comprises entre 1200 milliards et 4200 milliards de dollars", rapporte l’Irena.

30% D'ENR, RENTABLE EN SOI

L’amélioration de la qualité de l’air intérieur et extérieur aurait l’impact économique le plus important et sauverait 4 millions de vies par an.

Côté emplois, l’Agence pense que le doublement de la part des énergies renouvelables permettrait à ce secteur de générer 24,4 millions d’emplois directs et indirects dans le monde en 2030, contre 9,2 millions en 2014, soit 11 millions de plus que dans le scénario "business as usual".

Le calcul des externalités, ces bénéfices liés par exemple à la santé ou à l’atténuation du réchauffement climatique, peut toujours prêter à discussion. Il peut donc être utile de revenir à des considérations plus strictement économiques. L’Irena pointe ainsi que, sans prendre en compte les externalités, passer à 30% de renouvelables dans le mix énergétique en 2030 serait en soi rentable.

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