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Le scénario de l'Ademe pour une France 100% renouvelable en 2050 : possible mais EDF est contre !

Le scénario de l'Ademe pour une France 100% renouvelable en 2050 : possible mais EDF est contre !

L'Ademe a jeté un pavé dans la mare du landernau énergétique français. Oui, le scénario d'un mix énergétique 100% renouvelable à horizon 2050 est plausible, avec l'éolien et le solaire comme piliers de cette révolution. La quinzaine de scenarii envisagée par les prospectivistes de l'agence environnementale permet d'y parvenir dans tous les cas de figures proposés. Une nouvelle réjouissante pour les défenseurs des énergies renouvelables, qui a eu le don en revanche de stimuler la réaction chez ces contempteurs.

Et c'est Jean Bernard Levy, PDG d'EDF, en personne qui est monté au créneau en cette fin de mois d'octobre pour couper court à cette plaisanterie, avec une mauvaise foi confondante. Sur Europe 1, le patron d'EDF a asséné « qu'en France, le potentiel solaire n'est pas considérable, d'autant plus que l'on s'interdit d'utiliser des terres agricoles. C'est interdit par la loi. Et donc le potentiel français en solaire, en éolien n'est pas très considérable. Il y a de nouveaux projets Off-shore, mais là aussi, il y a des recours. Il y a de nouveaux chantiers, les hydroliennes mais ça ne permettra pas de faire énormément d'énergie ». Et Jean-Bernard Lévy de poursuivre sur le manque de soleil en France, les problèmes d'intermittence et les solutions de stockage dispendieuses.

Et ce n'est pas tout. Pour couper l'herbe sous le pied de cette étude de l'Ademe, Jean-Bernard Lévy a allumé de nouveaux contre-feux. Quelques jours après son passage sur Europe 1, il a convié les journalistes pour présenter son projet à moyen terme de parc nucléaire français : « À partir de 2028, 2030, ce n'est pas une science exacte, nous allons commencer à installer en France des EPR nouveau modèle. (...) Et puis en 2050, 2055, on n'aura plus de (réacteurs de) la génération actuelle. On aura les EPR NM : on en aura 30, 35 ou 40. On aura plusieurs dizaines qui seront le produit de remplacement du parc actuel », a précisé le boss de l'énergéticien national.

Faut-il rappeler à Jean-Bernard Lévy les déboires de l'EPR, sa mise en service sans cesse retardé, son prix qui vient de dépasser les 10 milliards, les déchets générés pour des milliers d'années, les démantèlements aux coûts exorbitants et dont on ne connaît guère l'ampleur aujourd'hui. L'Ademe nous propose une alternative propre, compétitive, décentralisée et au plus près des territoires, renouvelable en lien avec l'économie du digital, créatrice d'emplois non délocalisables, sans retour à la bougie ni élucubrations dans le genre. Tout ce qui a de plus sérieux avec en prime une acceptation sociale supérieure. La réaction de Jean-Bernard Lévy, une sorte de méthode Coué pour se convaincre que rien n'est encore fini alors que les radiers commencent déjà à trembler…

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Au nom de quoi léguer pour des milliers d'années à des centaines de générations des produits toxiques qui n'auront servi au bien être que de deux ou trois générations ?
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