TRANSITION ÉNERGÉTIQUE

L'inexorable déclin du nucléaire face aux énergies renouvelables

L'inexorable déclin du nucléaire face aux énergies renouvelables

Un récent rapport montre que 45% de la population mondiale vit dans des pays privilégiant l'éolien et le solaire à l'énergie nucléaire. Mais les centrales thermiques représentent toujours 67,9% de la production énergétique mondiale.

Des énergies dans l'ère du temps pour assainir l'air du temps. Alors que l'Assemblée nationale vote ce mercredi la loi de transition énergétique, le rapport annuel de situation de l'industrie nucléaire (WNISR) paru la semaine dernière montre une progression des énergies renouvelables. Si le nucléaire a encore progressé de 2,2% l'année dernière, malgré la fermeture de 40 réacteurs japonnais, ce rapport insiste sur son déclin. En parallèle, les énergies renouvelables, encore marginales il y a quelques années, connaissent une progression forte. Petit à petit, elles se placent en concurentes crédibles du «tout nucléaire», selon ce rapport.

De nombreuses grandes puissances produisent plus d'énergie renouvelable que nucléaire. Seuls les États-Unis et la France résistent clairement à la tendance. Une résistance «culturelle» mais aussi économique du fait de la lourdeur des investissements consentis dans ce secteur. Alors que le nucléaire ne représentait que 11,7% de la production mondiale d'énergie en 2011, ce taux grimpe à 74,8% dans l'Hexagone (2012), selon un rapport du CNRS.

Par ailleurs, les grands producteurs d'énergie nucléaire revendent à leurs voisins. L'Allemagne dans le cas français. En dépit de son implantation plus ancienne, le nucléaire se fait désormais rattraper par l'éolien et le solaire. Avec l'énergie produite par les barrages hydroélectriques, la production d'énergies propres dépasse déjà celle du nucléaire en Chine, en Inde, au Japon, au Brésil au Mexique, en Allemagne, aux Pays-Bas et en Espagne.

Ainsi, 45% de la population mondiale privilégie déjà les énergies renouvelables au nucléaire. Et les courbes laissent augurer d'une rapide inversion du rapport de force général. Même dans des pays peu réputés pour leur conscience écologique, comme la Chine où l'Inde, l'éolien produit plus d'énergie que le nucléaire. Et ce, alors même que cette progression engendre une baisse de rentabilité des centrales nucléaires et thermiques.

L'inexorable déclin du nucléaire face aux énergies renouvelables

Depuis l'an 2000 l'éolien augmente ainsi 17 fois plus vite que le nucléaire au niveau mondial. En 2014 la capacité de production éolienne et solaire de l'Union européenne était supérieure de 340 TWh à celle de 1997, année de signature du protocole de Kyoto. Dans le même temps celle du nucléaire a décliné de 47 TWh.

L'inexorable déclin du nucléaire face aux énergies renouvelables

Domination des centrales thermiques

Toutefois, cette évolution ne s'opère que sur une faible parcelle de la production mondiale d'énergie puisque les centrales thermiques (charbon, gaz et pétrole) demeurent largement dominantes, notamment en Chine. Elles représentent 67,9% de la production énergétique mondiale. Certes l'impact environnemental à long terme de ces centrales thermiques n'a rien de comparable avec la toxicité des déchets nucléaires mais leur rejets atmosphériques demeurent hautement nocifs.

Le gros oeuvre est donc encore devant. Après le nucléaire, éolien et solaire devront grapiller du terrain sur ces centrales thermiques pour réellement s'installer comme la source d'énergie du IIIe millénaire.

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Transition Energétique

Au nom de quoi léguer pour des milliers d'années à des centaines de générations des produits toxiques qui n'auront servi au bien être que de deux ou trois générations ?
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