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La Ville de Genève porte plainte contre EDF et exige la fermeture de la centrale nucléaire du Bugey

La Ville de Genève porte plainte contre EDF et exige la fermeture de la centrale nucléaire du Bugey

La Ville de Genève a rappelé jeudi sa détermination à faire fermer la centrale nucléaire du Bugey, en France voisine et a engagé une avocate pour porter l'affaire en justice. S’estimant mise en danger par la centrale nucléaire du Bugey, située à 70km, la Ville de Genève porte plainte contre le fournisseur français d’électricité EDF

Corinne Lepage a retrouvé quelques souvenirs hier. « J’ai été avocate trois fois de la ville de Genève en 1989, 1991 et 1993 contre la centrale nucléaire de Creys-Malville » a rappelé l’ancienne ministre de l’Environnement du gouvernement Juppé entre 1995 et 1997. « Et elle a réussi à faire fermer la centrale en mettant tout son poids dans la balance quand elle était au gouvernement » a renchéri Rémy Pagani, conseiller administratif (dans l’exécutif) de la cité de Calvin.

De là à imaginer pareil destin pour la centrale nucléaire du Bugey, contre qui Genève ferraille depuis quelques années, s’inquiétant du fait qu’il s’agisse de l’une des plus anciennes installations françaises ? Il y a un pas que l’on ne franchira pas. Mais la ville a décidé de passer « à la vitesse supérieure » dans son action contre la centrale nucléaire de Saint-Vulbas dans l’Ain.

Réacteur numéro 5 et centre de stockage

La justice administrative n’ayant rien donné, Corinne Lepage « va essayer de faire œuvre d’imagination juridique », quitte à aller au pénal. Rien de plus précis actuellement. « Je n’ai pas encore travaillé » dit l’avocate tout juste mandatée par la Ville et qui reviendra avec un plan de bataille d’ici un mois. On sait toutefois que dans le collimateur genevois, il y a la demande de prolongation du réacteur numéro 5 et la poursuite de l’exploitation de la centrale.

Mais aussi le centre de stockage Iceda (installation de conditionnement et d’entreposage des déchets activés) en bord de Rhône, qui doit accueillir 2 000 tonnes de déchets radioactifs provenant du démantèlement de neuf centrales nucléaires dans le reste de l’Hexagone. Sa construction est d’ailleurs pour l’instant interrompue.

«En cas d’accident grave, en fonction du vent, il faudra évacuer Genève pour une durée indéterminée», estime pour sa part Walter Wildi, ancien président de la commission fédérale de sécurité nucléaire.

À signaler qu’aujourd’hui, la procédure n’a été que lancée par la ville de Genève, et pas par le canton, qui possède un poids politique beaucoup plus important. « À l’époque de Creys-Malville, c’était déjà la Ville qui s’était engagée d’abord et qui avait entraîné le canton par la suite » rappelait un vieux militant anti-nucléaire.

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