TRANSITION ÉNERGÉTIQUE

L'Allemagne a réduit de 43 % sa production d'électricité nucléaire tout en réduisant de 8 % celle à base de charbon

L'Allemagne a réduit de 43 % sa production d'électricité nucléaire tout en réduisant de 8 % celle à base de charbon

Entre 2000 et 2014, l'Allemagne a réduit de 43 % sa production d'électricité nucléaire tout en réduisant de 8 % celle à base de charbon et de lignite. L'électricité renouvelable a augmenté de 315 % (multipliée par 4,15) et la production totale a augmenté de 5,9 %.

L'Allemagne a réduit de 43 % sa production d'électricité nucléaire tout en réduisant de 8 % celle à base de charbon

La sortie du nucléaire en Allemagne a commencé avec la loi de février 2002, qui prévoyait l'arrêt du dernier réacteur en 2022. En septembre 2010, le gouvernement conservateur a voulu repousser à 2036 cette sortie du nucléaire. Ce changement n'a jamais été ratifié par le Bundesrat (Sénat) et en mars 2011, suite à la catastrophe nucléaire de Fukushima, l'application de la loi de 2002 a repris son cours normal avec l'arrêt de huit réacteurs (8.422 MW), dont deux en panne depuis trois ans.

L'Allemagne a réduit de 43 % sa production d'électricité nucléaire tout en réduisant de 8 % celle à base de charbon

Entre 2006 et 2007, quand la production d'électricité nucléaire a diminué de 26 TWh, celle issue du charbon et du lignite n'a augmenté que de 8 TWh alors que celle d'origine renouvelable a augmenté de 17 TWh.

Entre 2010 et 2014, la production d'électricité nucléaire a diminué de 43 TWh, celle provenant du charbon et du lignite a augmenté de 3 TWh, celle du gaz et pétrole a diminué de 34 TWh et l'électricité renouvelable a augmenté de 52 TWh.

L'Allemagne a réduit de 43 % sa production d'électricité nucléaire tout en réduisant de 8 % celle à base de charbon

En 2000, charbon et lignite représentaient 50,5 % de la production d'électricité allemande, mais seulement 43,6 % en 2014.

L'augmentation entre 2010 et 2014 du charbon et lignite dans la production d'électricité (3 TWh) est inférieure à la diminution de celle issue du gaz et du pétrole (34 TWh). Cette augmentation temporaire du charbon et lignite n'a donc aucun rapport avec la diminution de l'électricité nucléaire, compensée par l'augmentation de l'électricité renouvelable.

L'explication du transfert du gaz vers le charbon pour la production d'électricité se trouve dans la baisse du prix mondial du charbon (et la faiblesse des coûts du CO2).

C'est une conséquence d'une plus forte utilisation du gaz aux Etats-Unis, temporaire elle aussi, au détriment du charbon américain. Lequel a été davantage exporté vers l'Europe. Tous les pays européens ont connu le même phénomène que l'Allemagne.

Cependant, l'utilisation du charbon retrouve peu à peu son niveau antérieur dans la production d'électricité américaine, ce qui réduit les exportations possibles.

L'Allemagne a réduit de 43 % sa production d'électricité nucléaire tout en réduisant de 8 % celle à base de charbon

Car l'illusion des gaz de schiste se dissipe. Le prix du gaz utilisé dans la production d'électricité américaine a déjà augmenté (+27%) et celui du charbon a diminué (-3%).

En 2013, l'utilisation du gaz a diminué de 9,2 % et celle du charbon a augmenté de 4,8 % dans la production de l'électricité aux Etats-Unis, comparé à 2012.

Dans la mesure où l'agence de l'énergie américaine prévoit une nouvelle augmentation du prix du gaz de ce pays, moins de charbon sera disponible pour l'exportation vers l'Europe qui, de ce fait, utilisera moins de charbon en 2014 pour produire son électricité.

En Allemagne, aucune nouvelle construction de centrale thermique au charbon ou au lignite n'a été décidée depuis 2008. Aussi bien les constructions en cours à ce jour que les mises en service réalisées en 2013 n'ont donc aucun lien avec l'arrêt définitif de huit réacteurs nucléaires en 2011.

Au contraire, un grand nombre de projets ont été abandonnés ou repoussés à une date indéterminée, du fait de l'opposition de la population et de l'absence de rentabilité économique.

A l'origine, il était prévu de mettre en service trente centrales thermiques entre 2009 et 2017, d'une capacité totale de 26,4 GW et en mesure de produire 210 TWh par an. Mais depuis 2007, vingt-deux projets (22,1 GW) ont été abandonnés et quatre (3,4 GW) ont été reportés à une date indéterminée (aux calendes grecques).

Les décisions d'investissement pour de nouvelles centrales thermiques ont toutes été prises entre 2005 et 2007 pour les unités au lignite mise en service en 2012 comme pour celles au charbon en cours de construction (voir tableau).

L'Allemagne a réduit de 43 % sa production d'électricité nucléaire tout en réduisant de 8 % celle à base de charbon

Quelques rares projets sont envisagés pour après 2020, mais la probabilité de leur mise en œuvre est très faible.

L'évolution probable de la capacité (GW) et de la production d'électricité (TWh) des centrales thermiques au charbon et au lignite au cours des vingt prochaines années en Allemagne est résumée dans le tableau suivant.

L'Allemagne a réduit de 43 % sa production d'électricité nucléaire tout en réduisant de 8 % celle à base de charbon

Cette évolution tient compte de plusieurs facteurs : rentabilité économique incertaine sur toute la durée de vie de l'installation, opposition des populations à la construction de nouvelles unités au charbon ou au lignite, disparition des anciennes avec le temps du fait de leur vétusté, réglementation plus contraignante (usage de l'eau, qualité de l'air).

La rapide croissance des énergies renouvelables pour la production d'électricité reste cependant le principal facteur de la disparition progressive du charbon et du lignite, après celle du nucléaire.

Entre 2000 et 2014, la production d'électricité par les énergies renouvelables est passée de 38 à 157 TWh. Dans le même temps, la production d'électricité nucléaire a diminué de 170 à 97 TWh, celle du charbon et du lignite (ensemble) a un peu diminué, passant de 291 à 266 TWh, alors que la production totale augmentait de 577 à 610 TWh.

Entre 2000 et 2014 toujours, les énergies renouvelables sont passées de 6,6 % à 25,8 % de l'électricité produite alors que le nucléaire diminuait de 29,4 % à 15,9 %. Pour le charbon et le lignite, la part dans la production est passée de 50,5 % à 43,6 %. En ajoutant le gaz et le pétrole, la proportion pour l'ensemble des combustibles fossiles s'est réduite de 60,0 % à 54,0 % dans la production d'électricité.

En quatorze ans, la part des énergies fossiles et nucléaire (ensemble), s'est réduite en passant de 89,5 % à 69,8 % de l'électricité produite en Allemagne.

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Transition Energétique

Au nom de quoi léguer pour des milliers d'années à des centaines de générations des produits toxiques qui n'auront servi au bien être que de deux ou trois générations ?
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