TRANSITION ÉNERGÉTIQUE

Le photovoltaïque et l'éolien en France en 2014

photo d'éolienne sur le Plateau des Millevaches par Jessie Romaneix Gosselin (CC).
photo d'éolienne sur le Plateau des Millevaches par Jessie Romaneix Gosselin (CC).

Bernard Chabot, analyste expert du secteur l'énergie, publie une étude de la production électrique renouvelable française en 2014 : 104 pages de graphiques et de chiffres, un document exceptionnel.

Bernard Chabot documente avec une grande précision la contribution des énergies renouvelables et en particulier de l’éolien et du photovoltaïque à la production d’électricité en France métropolitaine. L'étude est réalisée principalement à partir des données (1) publiées par RTE (Réseau de transport de l'électricité). Nous considérons qu'il s'agit de l'un des meilleurs outils d'analyse de la production éléctrique française parce que totalement factuel, et sans biais partisan. L'auteur s'attache à mettre les chiffres bruts en perpectives, à nous les rendre lisibles.

Après les données portant sur l’année complète ou le premier semestre, Bernard Chabot fournit des données détaillées pour trois mois types: février, mai et décembre 2014. L'ensemble de l'étude est disponible en téléchargement (voir le lien en fin d'article) et nous publions ici ses principales conclusions.

Principales conclusions

La part des énergies renouvelables, en puissance installée, dans le parc de production d’électricité était de 31,7 % en fin octobre 2014, dont 11,2 % hors grande hydroélectricité (graphique ci-dessous).

Le photovoltaïque et l'éolien en France en 2014

Le parc éolien en fin 2014 est estimé à environ 9,1 GW, soit de l'ordre de 700 MW supplémentaires sur l’année. Celui du photovoltaïque à environ 5,3 GW avec plus de 700 MW nouvellement installés en 2014. Le total d’environ 14,4 GW est réparti pour 63 % en éolien et 37 % en PV. Les chiffres de l'étude peuvent être sujet à quelques ajustements sur la fin de l'année.

La demande d’électricité sur 2014 (pages 9 à 13 de l'étude) est d’environ 465 TWh : elle est reste très marquée par l’effet saisonnier dû au chauffage électrique (36 % des logements, ndlr). Le ratio entre la pointe extrême et le creux de demande est de 2,59 : 82,27 GW en janvier 2014 et 31 GW en août. La consommation mensuelle est maximale (49 TWh) en janvier et décembre.

La demande résiduelle après la contribution combinée de l'éolien et du photovoltaïque commence à bien se démarquer de la monotone de demande totale (page 14). Le différentiel était de plus de 1,3 GW en pointe extrême et de plus de 2,8 GW en moyenne sur le premier semestre 2014.

Une production variable mais prévisible

La production variable, mais prévisible, combinée (éolien + photovoltaïque) est de 22,78 TWh en 2014 (page 21 et 22). L'éolien est très majorirtaire dans cette production : 74 % soit 16,86 TWh, une valeur trop faible par rapport à l’objectif de 58 TWh de production éolienne en 2020 en application de la directive européenne sur les énergies renouvelables de 2009. Le photovoltaïque ne représente que 26 % soit 5,93 TWh.

Productions mensuelles 2014 (valeurs provisoires sur nov. et déc.)  En GWh. Données RTE. Graphique Bernard Chabot. DR.

Productions mensuelles 2014 (valeurs provisoires sur nov. et déc.) En GWh. Données RTE. Graphique Bernard Chabot. DR.

Dans l'ensemble le profil de la production reste assez stable sur l’année grâce à la bonne complémentarité saisonnière entre ces deux filières: éolien très prépondérant en hiver, production photovoltaïque principalement du printemps à l’automne.

Cette bonne complémentarité entre éolien et photovoltaïque se retrouve dans les variations mensuelles des heures journalières équivalentes de fonctionnement à pleine puissance (pages 23 et 24), du facteur de charge mensuel (page 25 et 26) et des parts des demandes mensuelles couvertes par l’éolien et le photvoltaïque (page 27 et 28).

Les facteurs de charge moyens sont de 22,5 % pour l'éolien et de 14,2% pour le solaire photovoltaïque. Les productivités de l’éolien sont faibles (moyenne de 1970 heures/an) et traduisent plus un retard d’utilisation des nouveaux modèles d’éoliennes à très haute productivité (y compris sur le sites moyennement et peu ventés) que des variations annuelles des vitesses moyennes du vent.

Les monotones de puissance (2) éoliennes, photovoltaïque ou photovoltaïque + éolien (page 30) et les historiques de production horaire au premier semestre 2014 (page 31 à 40) montrent une forte variabilité. Celle-ci est déjà anticipée de façon fiable, notamment par RTE.

L'objectif difficile de 27% d'électricité renouvelable

Les détails de productions mensuelles en février, mai et décembre 2014 couvrent tous les moyens de production (dont thermique à flamme, nucléaire et hydroélectricité). Ils mettent en évidence le dépassement très fréquent de la production nucléaire par rapport à la demande et la part encore très faible des renouvelables autres que la grande hydroélectricité : seulement 3.6 % pour l’éolien, 1,3 % pour le photovoltaïque, soit 4,9 % pour leur production combinée en 2014 (pages 27 et 28).

Si on veut respecter l’objectif de 23 % du plan national d’application de la directive Energies renouvelables (3) dont 27 % pour l’électricité, il faudra remettre en cause cette prépondérance du nucléaire et développer les renouvelables. Et ce alors même que la croissance de la consommation d’électricité sera probablement (toujours selon Bernard Chabot) assez faible.

Téléchargez le document de Bernard Chabot "Analyse des contributions de l’éolien et du photovoltaïque en France en 2014 ". Les erreurs éventuelles dans le traitement des données seraient le fait de l’auteur et ni RTE ni l’auteur ne sauraient être tenus responsables des conséquences de l’utilisation de ce document.

Notes

1) Les données primaires de demande et de production au pas de 15 minutes sont de source RTE (http://www.rte-france.com). Les données au pas horaire du premier semestre 2014 sont téléchargeables sur le site internet de Paul-Frederik Bach , ainsi que celles d’autres pays.
2) Lire la monotone de façon suivante (page 14 du document) : de janvier à juin on a X % de chance de dépasser une demande de Y MW.
3) Voir le Plan d'action national en faveur des énergies renouvelables, période 2009-2020, en application de l'article 4 de la directive 2009/28/CE de l'Union européenne. Texte disponible sur le site du ministère du Développement durable.120 pages.

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Transition Energétique

Au nom de quoi léguer pour des milliers d'années à des centaines de générations des produits toxiques qui n'auront servi au bien être que de deux ou trois générations ?
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