TRANSITION ÉNERGÉTIQUE

Inde : L'objectif de 20 GWc photovoltaïque en 2020 sera pulvérisé

Centrale photovoltaïque de Khilchipur (Madhya Pradesh, Inde) de 30 MWc, mise en service en 2014.

Centrale photovoltaïque de Khilchipur (Madhya Pradesh, Inde) de 30 MWc, mise en service en 2014.

Le nouveau gouvernement indien (droite nationaliste), élu en mai dernier, affiche de grandes ambitions pour les énergies renouvelables. Le Premier ministre Narendra Modi peut être pris au sérieux sur le sujet. Il a en effet introduit un programme de soutien au photovoltaïque alors qu'il dirigeait l'État de Gujarat, qui avait généré l'installation de 900 MWc, plus d'un tiers de la capacité installée dans le pays (2,2 GWc) à ce jour. Dans un entretien accordé début octobre au journal britannique The Guardian, le ministre indien de l'Énergie, Piyush Goyal, explique que son gouvernement s'est engagé à faire en sorte que chaque foyer indien puisse bénéficier de l'électricité d'ici à 5 ans, pour avoir au moins une ampoule électrique par foyer, tout en supprimant l'usage des générateurs au diesel. Une gageure dans un pays comptant plus de 300 millions de personnes hors du réseau électrique. Pour cette raison, le photovoltaïque est appelé à se développer massivement. M. Goyal estime que l'objectif du précédent gouvernement, de 20 GWc installés en 2020, sera pulvérisé : « Je pense qu'il n'est pas très difficile d'envisager que l'Inde installe 10 GWc de photovoltaïque par an et de 6 à 8 GW d'éolien chaque année. Nous allons devenir une superpuissance des énergies renouvelables ». M. Goyal attend que 100 milliards de dollars (78,8 milliards d’euros) soient investis dans les énergies renouvelables au cours des 5 prochaines années. Dans l'immédiat, la Deutsche Bank estime que 1,5 GWc de photovoltaïque seront installés en 2014 et 2 GWc en 2015.

Mégacentrales solaires

Le premier budget du gouvernement annoncé en juillet prévoit le financement d'une série de mégacentrales solaires (capacités non communiquées) dans quatre déserts : Rajasthan, Gujarat, Himachal Pradesh et Jammu-et-Cachemire. Il a aussi lancé un plan d'équipement de 100 000 pompes à eau solaires pour l'agriculture dans les zones isolées. Il a enfin annoncé un plan de couverture de canaux par des centrales photovoltaïques de 1 MWc, permettant de produire de l'électricité tout en réduisant l'évaporation. Les analystes de Bloomberg Energy Finance pensent que l'Inde pourrait compter plus de 200 GWc de photovoltaïque installés en 2030, presque autant que la capacité actuelle des centrales à charbon. Ils estiment que, dès 2020, l'électricité des centrales solaires pourrait coûter moins cher que celle des centrales à charbon.

Premiers pas dans l'offshore

En ce qui concerne l'éolien, l'Inde se situe déjà au 5e rang mondial, avec 21,1 GW installés en mars 2014. Le pays dispose d'un potentiel de 102 GW pour le seul éolien terrestre selon l'association indienne de l'éolien. En outre, l'Inde, qui dispose de 7 600 km de côtes, se lance dans l'éolien offshore. Un protocole d'accord a été signé début octobre pour la construction de son premier parc de démonstration de 100 MW au large des côtes de l'État de Gujarat. Pour couronner le tout, le gouvernement Modi a doublé la taxe sur le charbon et propose des aides pour fermer les centrales à charbon de plus de 25 ans. Cependant, le ministre Piyush Goyal ne cache pas que la production électrique issue du charbon continuera néanmoins de croître pour répondre à la double exigence d'amener l'électricité à tous les Indiens tout en répondant aux besoins d'une économie en plein développement.

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