TRANSITION ÉNERGÉTIQUE

ENERGIE ET PROSPERITE, les entrepreneurs au coeur de la transition. A lire absolument !!!

ENERGIE ET PROSPERITE, les entrepreneurs au coeur de la transition. A lire absolument !!!
ENERGIE ET PROSPERITE, les entrepreneurs au coeur de la transition. A lire absolument !!!

Chaque jour produit des signes toujours plus nets de la faillite du modèle qui nous porte. La déroute d'une classe politique enlisée dans de faux débats et de vrais mensonges laisse la préoccupation pour l'intérêt général en déshérence. Les mêmes professionnels du mandat sont tour à tour administrateurs, banquiers, élus, hauts fonctionnaires, dirigeants du CAC 40, ministres, conseillers. Le roi et sa cour se tiennent par la barbichette, et les alternances n'en sont plus. Les consciencieux, pragmatiques, ouverts et courageux, nombreux pourtant, n'arrivent pas à faire contrepoids. Les français se détournent toujours davantage du débat public, confisqué par ceux qui, éloignés des réalités, perdent chaque jour un peu plus de crédibilité, de légitimité et, au fond, d'intérêt. Le contrat social se rompt, il n'y a plus de bien commun, de "solidarité naturelle". Entre résignation et repli sur soi, notre pays exprime son amertume et la colère de n'être ni écouté, ni compris, ni aimé.

Les moulins à vent et à eau ont permis à l'Europe de sortir de la féodalité rurale. La découverte des applications industrielles du charbon, puis du gaz et du pétrole, a porté la vague de la révolution industrielle. Entre 1945 et 1975, les Trente Glorieuses ont puisé leur croissance exceptionnelle dans une consommation intense d'hydrocarbures. L'énergie est le carburant de l'économie capitaliste, qui ne reconnait pourtant que le travail et le capital. Pour nous alimenter, nous chauffer, nous déplacer ou communiquer, l'énergie est partout, invisible et silencieuse, si essentielle. Mais l'énergie fossile devient trop chère, trop polluante, trop politique pour continuer à porter la croissance d'un monde qui souffre de multiples crises.

Raphaële Yon-Araud : Imaginons quelque 10 milliards d'individus à l'horizon 2050 aspirant au niveau de confort d'un américain moyen !

Pauline Mispoulet : C'est bien là que le bât blesse, parce que notre planète a des limites que nous sommes en train d'atteindre, parce que nous nous approchons chaque jour un peu plus du seuil de soutenabilité écologique, mais aussi de celui de rationalité économique du modèle de développement fondé sur l'énergie fossile. On peut débattre sur les quantités de pétrole, de gaz et d'énergies fossiles encore exploitables et accessibles. Mais la vraie question est : à quel prix ? Combien cela coûte-t-il d'aller chercher à très grande profondeur le pétrole, les sables bitumineux, le gaz de schiste ? Nous avons besoin d'une énergie suffisante, accessible à tous, pour faire vivre nos sociétés. Elle ne peut donc être rare et chère. Les solutions avancées pour faire face aux impasses qui nous attendent ne sont pas satisfaisantes : entre l'inaction et le renforcement des options existantes, il n'y a aucune réelle alternative raisonnable qui soit proposée, une solution qui ferait converger les nécessités humaines, économiques, sociales, environnementales plutôt que les opposer.

Raphaële Yon-Araud : Tu le soulignes, les coûts d'extraction et d'exploitation des énergies fossiles augmentent au fur et à mesure que ces ressources sont plus difficiles à atteindre et à transformer, jusqu'à nécessiter une dépense d'énergie au sens large finalement supérieure à l'énergie produite. Mais il n'y a pas que cela : la consommation d'énergies fossiles entraîne des coûts multiples (externalités) qui doivent être pris en compte dans leur prix.

Pauline Mispoulet : En effet, au-delà des aspects purement économiques, notre dépendance aux énergies fossiles nous rend vulnérables vis-à-vis des pays producteurs. Les enjeux politiques et diplomatiques de l'approvisionnement en gaz (Russie, Algérie), en pétrole (Russie, Afrique, Proche-Orient) ou en uranium sont très complexes et très couteux. On se souvient de l'intervention française au Mali, à moins de 300 kilomètres des mines d'Areva au Niger, de la négociation pour libérer ses collaborateurs pris en otage. En ce moment même, le conflit entre la Russie et l'Ukraine réveille immédiatement les inquiétudes de l'Europe quant à la disponibilité du gaz. Derrière la facture, la nôtre et celle du pays, il y a bien notre liberté, notre capacité à décider, nos marges de manoeuvre sur la scène internationale. Nous avons été bercés par l'épopée nucléaire et la prétendue indépendance énergétique que cette énergie nous donnait pour toujours. Nous sommes officiellement indépendants à 52,7%, car cette définition officielle ajoute à la production d'énergie sur le sol français celle produite par les entreprises appartenant à l'Etat, même à l'étranger. On considère ainsi que l'uranium exploité par Areva n'est pas une importation mais un produit français ! Dans le Bilan énergétique de la France pour 2012 publié en 2013 par le Commissariat général au développement durable, quand, pour le charbon, le gaz, le pétrole,, les déchets, les renouvelables, on dispose de quantité de chiffres et de cartes pour détailler la consommation, les prix, les pays de provenance, rien n'est dit sur l'uranium. Ni les quantités importées, ni les pays d'extraction... Même le mot "uranium" n'est utilisé que deux ou trois fois dans plus de quatre-vingt-dix pages.

Raphaële Yon-Araud : Si l'on s'en tient à un calcul strict, sur les 265 millions de tonnes équivalent pétrole (TEP) consommées en France en 2011, seules 19,5 millions de TEP ont été produites sur notre sol, essentiellement grâce aux énergies renouvelables, soit une indépendance réelle de 7,3% !

Pauline Mispoulet : En effet, de quelle liberté notre pays dispose-t-il quand il dépense 69 milliards d'euros par an pour importer l'énergie dont nous avons besoin ? De quelle autonomie pouvons-nous nous targuer quand, pour la onzième année consécutive, le solde de notre commerce extérieur est négatif et qu'il accuse un déficit de 61,2 milliards d'euros en 2013 ? Quelles compromissions devrons-nous accepter pour continuer d'être approvisionnés ?

Raphaële Yon-Araud : Précisément parce que les preuves de dysfonctionnement s'accumulent, tu raisonnes à partir de la situation de dépendance dans laquelle nous nous trouvons sans être vraiment responsables des choix qui sont faits. En conséquence, tu proposes que nous réfléchissions à notre indépendance énergétique et à notre liberté.

Pauline Mispoulet : La transition énergétique n'est pas nécessaire uniquement du fait du réchauffement climatique ! On enferme souvent le débat dans cet aspect écologique, qui tourne rapidement à la confrontation avec les impératifs économiques. La préservation de l'environnement, donc de la santé humaine, serait anti-économique ? Il me semble au contraire que la transition énergétique est une nécessité indissociablement économique, sociale et politique. La meilleure façon d'assurer notre indépendance, c'est d'abord de consommer moins. Agir sur la demande est la façon la plus simple d'être libre. Accepter la dépendance, c'est se priver de liberté !

Raphaële Yon-Araud : Certes, mais encore faut-il avoir les moyens de cette liberté !

Pauline Mispoulet : Tous les voyants sont au rouge et rien ne se passe. Je crois que les français se rendent compte, au moins intuitivement, qu'ils vivent dans un système qui leur échappe, qu'ils sont impuissants face à l'augmentation incessante des coûts de l'énergie. Il leur manque sans doute quelques clés pour bien comprendre la situation et les moyens de sortir de l'impasse. L'une de ces clés réside dans les énergies renouvelables, très faiblement carbonées. Indépendamment du fait que, sur le plan de l'environnement, elles sont beaucoup moins nuisibles, elles sont une ressource inépuisable, largement disponible et gratuite. Elles peuvent être produites localement, au plus près du consommateur. S'il est évident qu'elles ne pourront couvrir l'ensemble de nos besoins immédiatement, leur développement à grande échelle nous redonnerait une marge de manoeuvre, une plus grande autonomie de production. Chaque kilowattheure (kWh) produit à partir d'une source renouvelable, c'est un kilowattheure de liberté gagné. Nous devons immédiatement et absolument réduire notre niveau d'importation et retrouver une indépendance énergétique réelle. Nous devons aussi être vigilants vis-à-vis de toutes les politiques qui accroissent les importations.

Transition Energétique recommande fortement la lecture de cet excellent ouvrage de Pauline Mispoulet et Raphaële Yon-Araud.

Pauline Mispoulet est membre de la commission environnement et énergie du nouveau et formidable parti politique Nous Citoyens.

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Au nom de quoi léguer pour des milliers d'années à des centaines de générations des produits toxiques qui n'auront servi au bien être que de deux ou trois générations ?
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