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Le leader allemand de l’énergie veut stopper sa centrale nucléaire de Grafenrheinfeld pour cause de manque de rentabilité!

Le leader allemand de l’énergie veut stopper sa centrale nucléaire de Grafenrheinfeld pour cause de manque de rentabilité!

E.ON, le numéro un allemand de l’énergie, a annoncé vendredi 28 mars 2014 qu’il comptait arrêter, plusieurs mois avant la date prévue, l’une de ses centrales nucléaires, qui ne lui rapporte plus assez dans un contexte de forte concurrence des renouvelables.

E.ON veut stopper sa centrale de Grafenrheinfeld, en Bavière, fin décembre 2015. «La raison de cette décision est le manque de rentabilité» de la centrale, a expliqué la société, ajoutant que «l’arrêt anticipé était incontournable dans l’intérêt des actionnaires».

Pour continuer à faire tourner la centrale, E.ON devrait charger de nouveaux combustibles l’année prochaine. Or, ces combustibles sont soumis à un impôt spécifique, qui lui coûterait d’emblée 80 millions d’euros. Compte tenu des cours de l’électricité, qui ont été divisés par deux depuis 2008, le groupe estime que le chiffre d’affaires prévisible ne permettrait pas de couvrir cette taxe ainsi que les autres coûts. Ceux-ci incluent des frais de personnel ainsi qu’une inspection annuelle. «Si nous pensions gagner de l’argent, jamais nous aurions pris une telle décision», insiste une porte-parole.

Feu vert attendu de l’Agence fédérale des réseaux

L’Agence fédérale des réseaux doit encore donner son feu vert à cette décision au regard de la stabilité du système électrique. Selon deux sources, elle rejette les calculs économiques d’E.ON et estime que la centrale pourrait réaliser des bénéfices de 170 millions d’euros l’année prochaine - après le paiement de l’impôt sur le combustible. En pleine tension avec la Russie, qui pourrait décider de couper le gaz vers l’Europe en réponse aux sanctions économiques, le gendarme du marché pourrait aussi avoir une appréciation plus stricte de la sécurité d’approvisionnement.

L’Agence fédérale des réseaux a déjà reçu plus de 40 demandes de fermetures de centrales électriques, essentiellement au gaz ou au charbon, qui souffrent de la concurrence des renouvelables. Le gouvernement allemand a décidé en mars 2011, juste après la catastrophe de Fukushima, d’accélérer la sortie du nucléaire. Les plus vieux réacteurs du pays ont été stoppés à ce moment-là, pour les neuf autres, des dates de fin d’activité ont été fixées. Les deux dernières centrales doivent cesser de fonctionner en 2022.

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Au nom de quoi léguer pour des milliers d'années à des centaines de générations des produits toxiques qui n'auront servi au bien être que de deux ou trois générations ?
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