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Chômage : l'échec collectif d'une classe politique incompétente

Chômage : l'échec collectif d'une classe politique incompétente

Les chiffres sont tombés, 177.800 demandeurs d'emploi de plus en 2013, une hausse de 5,7 %. Nous avons donc 5,2 millions de chômeurs dans les trois catégories, un record. Plus inquiétant encore, les chômeurs de longue durée, inscrits depuis plus d'un an, sont désormais plus de 2 millions, un doublement en cinq ans ! Or, plus on est éloigné de l'emploi, et plus l'employabilité baisse. La hausse du nombre de chômeurs en fin de droits, plus 13 % en un an, vient couronner le tout.

Ces chiffres sont choquants dans l'absolu, mais ils sont surtout scandaleux dans un pays comme la France. Notre pays a en effet tout pour retrouver le plein-emploi grâce au talent des Français qui peut s'exprimer dans tous les secteurs industriels. Nos concitoyens ont une capacité d'engagement exceptionnelle, une créativité hors du commun et une formidable capacité à maîtriser la complexité. Nous avons de plus la chance d'avoir en héritage la « marque France », qui fait rêver le monde entier, et notamment les classes moyennes, qui ont maintenant la possibilité de s'acheter un morceau de France dans de nombreux grands pays comme la Chine, le Brésil ou la Russie. L'Autriche ou la Suisse, avec des niveaux de protection sociale élevés, une tradition d'innovation souvent moins grande, et sans avoir une marque aussi forte que la nôtre, ont réussi à retrouver le plein-emploi.

Pourquoi pas nous ?

Ce potentiel est gâché car notre classe politique, à droite comme à gauche, est dominée par des personnes qui ne connaissent pas l'entreprise, où se créent les emplois marchands dont nous avons tant besoin. Elle est constituée principalement de politiques de carrière déconnectés de la vraie vie et de fonctionnaires, souvent de qualité, mais méconnaissant tout des mécanismes de création d'emploi. Du fait de la professionnalisation de la vie politique, nos dirigeants ne sont plus depuis longtemps dans une logique de mission au service de l'intérêt général. Ce cumul de méconnaissance de l'entreprise et de démission devant la difficulté de réformer notre pays nous a conduits au chômage de masse et à un très haut niveau de précarité.

Or, les verrous à la création d'emploi sont tous parfaitement connus des professionnels de l'entreprise. Le poids des charges en particulier, qui fait que les entreprises françaises sont les moins rentables d'Europe et n'ont pas les moyens d'investir pour rester compétitives. Les récentes annonces d'allégement par le président de la République vont dans le bon sens, mais elles sont encore très timides, non financées et non corrélées à des créations d'emplois. L'avalanche administrative tue également l'initiative et la fiscalité du dirigeant décourage l'effort additionnel. Le droit du travail est quant à lui trop rigide et décourage l'embauche : il crée une France à deux vitesses avec, d'un côté, les bénéficiaires de CDI protégés et, de l'autre, les « précaires », les jeunes notamment, qui vont de stage en CDD.

Dernier levier majeur : le financement de l'innovation et de la création de ces ETI qui nous font tant défaut. En France, il repose quasi exclusivement sur la BPI, donc l'Etat, au lieu de s'appuyer sur la société civile, comme en Angleterre. Les Anglais ont mis en place des mécanismes incitatifs fiscalement pour favoriser l'investissement privé dans l'innovation. Résultats : dix fois plus de « business angels » qu'en France, trois fois plus d'ETI et un chômage qui fond à vue d'oeil ! Le Trésor britannique a compris que l'argent qui sort par la porte (incitation fiscale) va revenir par la fenêtre, car une entreprise qui bénéficie d'un investissement va générer des rentrées fiscales et sociales pour l'Etat et elle va créer des emplois !

Nos dirigeants préfèrent faire de la démagogie plutôt qu'un travail de pédagogie difficile mais nécessaire à la mise en oeuvre de réformes difficiles. Nous Citoyens a décidé de faire l'inverse. Nous avons l'expertise et la crédibilité sur ces sujets, nous ne sommes pas des professionnels de la politique, cela fait toute la différence.

Denis Payre est président de Nous Citoyens

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Au nom de quoi léguer pour des milliers d'années à des centaines de générations des produits toxiques qui n'auront servi au bien être que de deux ou trois générations ?
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