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Cour des comptes : mécomptes sur les renouvelables !

Cour des comptes : mécomptes sur les renouvelables !

Le rapport de la Cour des comptes intitulé "La mise en œuvre par la France du Paquet Énergie Climat" contient quelques perles à propos des énergies renouvelables, dont certaines dignes du Café du Commerce.

On s'étonne tout d'abord de trouver des calculs de coin de table dans une telle somme. La Cour calcule par exemple des facteurs de charge pour l'éolien allant de 10 % en 2007 à 18 % en 2011, alors que les bilans de RTE (Réseau de transport d'électricité) indiquent qu'ils oscillaient entre 24 % et 22 % sur la période. « Aucune des rares technologies matures n'apparaît suffisante pour assurer la sécurité du système énergétique à l'horizon 2030 », assène le rapport.

La Cour n'a pas compris qu'un événement comme Fukushima a démontré la fragilité d'un système électrique mono-énergie. « Un mix d'énergies renouvelables variables mais prédictibles, comme l'éolien et le solaire, et dispatchables comme la biomasse et l'hydroélectricité, combiné à une maîtrise de la demande permet d'avoir un système très diversifié et très résilient », rappelle au contraire Bernard Chabot, consultant en énergie renouvelable de BCConsult.

Les réseaux électriques allemands et danois, avec une forte pénétration d'électricité éolienne et photovoltaïque, comptent ainsi parmi les plus stables d'Europe (voir ci-dessus). Le programme de recherche allemand Kombikraftwerk prouve en outre que la stabilité du réseau peut être garantie chaque heure de l'année dans un système 100 % renouvelables.

L'Allemagne n'est au contraire utilisée dans ce rapport que comme modèle repoussoir où l'intermittence des énergies renouvelables est un « facteur de désorganisation » du système électrique, générant une « forte variabilité des prix »sur le marché, sans oublier bien sûr qu'à cause d'elles l'énergie du pays « est de plus en plus carbonée ».

La Cour semble ignorer que les principaux facteurs de désorganisation et d'action sur les prix sont les surcapacités fossiles de l'Allemagne, un marché européen du carbone en berne et un marché de l'électricité inadapté aux énergies de flux comme l'éolien et le photovoltaïque.

L'Allemagne n'a jamais autant exporté d'électricité, passant de 8,1 TWh en 2003 à 33 TWh en 2013. En outre, si les émissions de CO2 de son système électrique sont reparties à la hausse depuis 2 ans, elles ont baissé sur la décennie : 332 Mt CO2 émises en 2003 contre 319 Mt CO2 en 2013.

On peut néanmoins s'accorder sur le constat de la Cour concernant le manque de vision de long terme concernant le développement des énergies renouvelables en France et le défaut d'expertise de l'État à leur endroit. La Cour serait toutefois bien inspirée de commencer par combler ses propres lacunes.

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Au nom de quoi léguer pour des milliers d'années à des centaines de générations des produits toxiques qui n'auront servi au bien être que de deux ou trois générations ?
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